Epoque moderne.

L‘un des fils Geor­ges de la Trémoille en 1554 eut les seigneuries de Kergorlay et de Laz. Il épousa Madeleine de Luxembourg, fille de François de Luxembourg et de Charlotte de Bretagne. Il servit fidèlement Char­les IX et Henri III. Il mourut à Poitiers en 1584. Il ne vint pas souvent dans ses domaines de Laz et des environs. Aussi, dès 1558, il commença à vendre une certaine par­tie de ses terres. Le 8 septembre 1561, Henry de Kersanty, Sieur de Coatanguern acheta les terres de Tregourez et de Coray. Puis, le reste de la seigneurie de Laz passa à la famille de Mesgouez, dont le manoir se trouvait à Lamber près de Saint-Renan dans le bas-Léon. L’un des héritiers, en 1576, sous Henri III, Troïlus de Mesgouez eut une vie mouvementée et aventurière. Il fut page et favori de Catherine de Médicis, il fut gouverneur de MORLAIX  en 1568, vice-roi de Terre Neuve en 1578.

En 1598, pour s’en débarrasser, Henri IV le nomma lieutenant général pour la conquête des « terres du Canada, Hochelaga, Labrador et pays adjacents ». Il mourut en 1606 sans avoir traversé vraisemblablement à nouveau l’Atlantique.

Autrefois, les seigneuries de la Roche et de Laz, toutes deux réunies sous un même chef à partir du 16ème siècle, s’étendaient sur presque toute la partie orientale de la sénéchaussée de Quimper et sur le territoire de la paroisse de Trégourez entre-autres.  Les plus anciens dans le pays étaient naturellement les barons de Laz. Ceux de la Roche, originaires du Léon, ne durent venir s’installer que plus tard dans cette partie de la Cornouaille. Les barons de Laz résidaient au manoir de Trevarez. Trevarez se trouve actuellement sur les terres de la commune de Saint Goazec, mais à l’époque Laz et saint Goazec étaient réunies en une seule paroisse. Le siège de la seigneurie de La Roche était dans un vieux château à Saint Thois (au hameau actuel de la Roche). Ce château dont on peu encore retrouver les traces, est situé dans un site rocailleux surplombant les environs et pratiquement imprenable. Dès 1576, le château de La Roche tombait en ruines.(R. Peron Monographie)

chat roche

Le château de la Roche a sa légende ; Il se trouve là un puits très profond renferment dit on d’immenses trésors. Un habitant du pays plus courageux que les autres et aussi peut être plus curieux s’y fit descendre par une corde……………….Émerveillé, il trouva au fond du puits, des korrigans qui buvaient dans des coupes d’or. Prestement il en en leva une et sauta bien vite à l’aide de sa corde avant que ces lutins furieux ne puissent l’atteindre.

Donc, à partir de cette époque, les terres de Tregourez vont être exploitées par d’autres petits propriétaires, héritiers successifs de Henry de Kersandy. A l’enterrement à Laz du seigneur de Laz Luc de Kernezne, en octobre 1699, on fait mention de Jacques Furie : recteur de Châteauneuf du Faou, Olivier de Lochrist : recteur de Leuhan et Vincent de Kerguelen : recteur de Tregourez. La paroisse de Tregourez deviendra définitivement séparée de Laz en 1793, date à laquelle la révolution supprima les « Trêves ». (H.C)

audience

Sous cet ancien régime, la vie des habitants se déroulait beaucoup plus qu’aujourd’hui dans le cadre de la paroisse ecclésiastique. Celle-ci pouvait assurer son existence grâce aux revenus qu’elle retirait de ses biens. A cette époque, Tregourez était gérée par un « général de paroisse ». Les audiences de la juridiction se tenaient tous les quinze jours alternativement à Laz et à Briec. Il y avait un auditoire dans chacun des deux bourgs. La prison était à Laz. (R. Peron Monographie 1964)

Les classes rurales restent soumises à l’autorité seigneuriale dont la manifestation essentielle est le pouvoir judiciaire. La justice seigneuriale en Bretagne, plus que dans d’autres régions, s’est maintenue presque intacte jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Dans la province, les fiefs et la justice sont toujours unis: la justice se divise et se transmet comme le fief.

 A la veille de la Révolution on compte en moyenne deux juridictions par paroisse. Le personnel en est constitué d’officiers de justice nommés et révoqués par le seigneur; ce sont le sénéchal , le procureur fiscal, les greffiers et les sergents. Leurs gains étant médiocres, ils cumulent souvent plusieurs fonctions. (Tregourez Ancien Régime et Révolution 1989)

Les juridictions des baronnies de Laz et de Quystinit exercent leur justice sur leur fief respectifs incluant Tregourez. Parmi le personnel de la juridiction du marquisat de le Roche et de la baronnie de Laz sont connus les noms d’Alexandre Marie Treussart, sieur de Kersergat, sénéchal de la juridiction et avocat au Parlement et Lamotte Bouriquen, notaire et procureur, qui participent l’un et l’autre à la rédaction du cahier de Doléances de Tregourez en 1789. Les audiences de la seigneurie de la Roche se tenaient, alternativement à Laz et à Briec.

A la prison de Laz se voyait un pilier armorié aux armes de la juridiction avec cep et collier servant de pilori; les fourches patibulaires* à quatre piliers s’étaient autrefois élevées à proximité du bourg.

* Les fourches patibulaires étaient un gibet constitué de deux colonnes de pierres ou plus sur lesquelles reposait une traverse de bois horizontale. Placées en hauteur et bien en vue du principal chemin public, elles signalaient le siège d’une haute justice et le nombre de colonnes de pierre indiquait le titre de son titulaire. Les condamnés à mort étaient pendus à la traverse de bois et leurs corps étaient laissés sur le gibet pour être exposés à la vue des passants et dévorés par les corneilles.

piliers

Epoque moderne. ligne-gif-167

Henri Waquet a réalisé une monographie intitulée  » confidences d’un recteur bas breton » d’après les écrits de Maurice Gueguen   vicaire de Tregourez à cette époque.

La paroisse de Tregourez fut administrée sous Louis XIV par un recteur zélé, soucieux de ses archives. Messire Maurice Gueguen,  ainsi se nommait-il, dressa en 1657 une table des anciens registres de baptêmes, mariages et sépultures.

La vie n’était pas très rose pour les prêtres en cette époque, on peut relever aux archives l’acte suivant :

26/05/1662 Trégourez Lieu-dit : Tregourez (Pays : Châteauneuf ) décès
JAC Maurice
Notes : Prêtre De Tregourez , qui fut tire à la teste . Le porte chez Bousso Hoste à Tregourez , d’ un coup de fusil Par Yves Bouguennec du Bourg de Laz , porté au presbytere Il fut pensé Par Rochol et Maillard chirurgiens.

On ne sait rien de plus de ce tragique meurtre.

En annexe au registre en cours qu’il tenait lui-même,Maurice Gueguen rédigea, en l’agrémentant de réflexions personnelles (en 1668 et 1672) un recensement à la fois numérique et moral de ses ouailles.

1672

Au total en 1672 Tregourez comptait 872 h. Des fréquentes épidémies comme la peste ravageaient les communes voisines, dont Elliant en particulier. Tregourez fut semble t-il préservée de ce terrible fléau. Une fois encore le clergé su en tirer parti en effectuant des quêtes en l’honneur de Saint Sébastien dont la puissance divine serait intervenu en faveur des braves gens de Tregourez. Ceux-ci lui faisaient confiance et pensaient sans doute qu’il méritait bien quelque chose en compensation.

Capture

« Les paroissiens font dire une messe tous les dimanche à l’honneur du glorieux martyre Saint Sébastien en la chapelle pour les avoir préservés de la peste par l’intervention de ce grand saint, aussi porte-on le place dans l’église durant la messe pour cueillir l’offrande………. »

Un des vitraux de l’église a été offert en cette occasion par les Quinquis de Villeneuve. Il représente Saint Sébastien qui reçoit les flèches de ses bourreaux. Les blessures causées ressemblent aux cicatrices laissées par  le fléau endémique qu’est la peste.

Vitrail Sébastien

Le recteur de Tregourez a ainsi décrit sa paroisse en 1672 :

 » Dans la haute vallée de l’Odet, sur le versant sur des Montagnes noires, pointe au-dessus des arbres le fin clocher de Tregourez. »

La seigneurie de Gouërec est citée en 1673 ; elle appartenait alors à Anne du Couëdic, épouse de Guillaume du Fresnay, seigneur de Barregan au Faouët. En 1723, elle est la propriété de Jean-Baptiste de Bec de Lièvre, conseiller du Roi. Un manoir est construit à Gouërec en 1780 par Jean-Baptiste Mahé et Marie-Élisabeth Floch, un second manoir étant construit plus tard en 1836 par un autre Jean-Baptiste Mahé et Marie-Perrine Saouen.

GouerecUn autre manoir existait à Kernaliou, propriété successivement des familles Dalayeun puis Le Poulinguen ; il fut reconstruit dans la seconde moitié du XVIIIe siècle entre 1764 et 1776 par Yves Le Poulinguen et Corentine Mahé.

kernaliou

A l’enterrement à Laz du seigneur de Laz, Luc de Kernezne, en octobre 1699, on fait mention de Jacques Furie : recteur de Châteauneuf du Faou, Olivier de Lochrist : recteur de Leuhan et Vincent de Kerguelen : recteur de Tregourez. La paroisse de Tregourez deviendra définitivement séparée de Laz en 1793, date à laquelle la révolution supprima les « Trêves ».

En 1732, Grégoire de Rostronen indique dans son « Dictionnaire françois celtique ou françois breton » :

« Il y a 13 feux dans Tregourez (…), chacun de 30 journaux de terre, tant chaude que froide ».

Jean Baptiste Ogée écrit en 1778 dans son « Dictionnaire » :

 » On y compte 1 000 communiants »

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