La première guerre mondiale.

La mobilisation générale a surpris la population de Trégourez à la veille du pardon de Pontouar, 1er Août 1914. Le 4 août jour de pardon.

La nouvelle est bien  accueillie en Bretagne. En forme de vengeance, on « allait en montrer aux boches ». Il était certain que la guerre serait courte, joyeuse et victorieuse, à ce que les politiques en disaient. Hélas, le désenchantement va bien vite se faire sentir…

« de pardon il n’en était plus question, mais il fallait bien que statues et bannières de l’église paroissiale qui y étaient allées quelques jours avant reviennent au bourg en procession. Il y eu une ondée, et l’aspect minable de cette procession me frappa ». (JN)

Les chevaux sont réquisitionnés, un  convoi traverse le bourg en provenance de Pleyben. En septembre, la 3e classe de l’école de garçons fût un temps occupée par une trentaine de réfugiés du Nord.

Il y eu des permissions pendant cette guerre. Alors vite on faisait appel au photographe. Il venait au bourg et tirait le portrait de famille.

Famille

Dès l’hiver 1914 – 1915, les premiers convois de blessés sèment la consternation. Bientôt, ce seront les terribles lettres officielles annonçant la mort d’un père, d’un frère, d’un fils, voire de plusieurs membres d’une même famille.

Tu vois, me dit Auguste Stagnol, dans la cuisine de son penn-ti de Tregourez, on parle de la guerre 14-18, mais c’est 14-19 qu’il faudrait dire : moi, jusqu’en 19, j’ai été dans les Dardanelles. J’étais dans la marine, sur l’Enseigne Henry…
Notre mission, c’était de canonner les moulins à vent. On n’a jamais compris pourquoi. On longeait les rives. Les gens savaient ce qu’on faisait, alors avant qu’on arrive, ils quittaient leur bicoque en emportant le peu qu’ils avaient sur leurs ânes. Les artilleurs pointaient, on se bouchait les oreilles avec les mains quand le coup partait, et tout de suite après, le moulin s’écroulait. Les artilleurs, eux, pour se protéger les oreilles, ils se les bouchaient avec du coton. Une fois, un d’entre eux, ça s’est infecté en-dessous, et quand on a voulu lui retirer le coton, les tympans sont venus avec. Le type hurlait. On a continué comme ça à démolir les moulins, jour après jour. Un soir, j’étais accoudé au bastingage en regardant vaguement le rivage.
Le commandant est venu s’appuyer à côté de moi et il m’a dit :
-« Vous savez, jeune homme, ce que nous faisons là n’est pas humain »

Auguste Stagnol * était menuisier à Tregourez . C’était le meilleur des hommes. Il a servi sur l’Enseigne Henry. (propos recueillis en 1980)

Henry

 Au printemps 1921, les trains des morts traversent la France et arrivent en gare de Morlaix. Pendant toutes les opérations de transbordement et de répartition des corps, le risque d’erreur est si grand qu’il faut veiller à tout. Vérifier les arrivées, contrôler les fiches, préparer les expéditions et surtout prendre garde aux confusions de communes ou aux pièges de l’homonymie : « Un cercueil, au nom de Péron François, de la commune de Tregourez, était annoncé mais quand il a été descendu du wagon, j’ai lu sur la planchette placée au pied la mention suivante : « Péron François-Joseph, 7e R.A. Plouézoch, gare de Morlaix. » J’ai immédiatement téléphoné dans cette commune et l’on m’a répondu que ce corps de Péron, 7eR.A. était arrivé au premier convoi. Je me mis en relation avec Tregourez, où le corps d’un Péron François, caporal au 1er régiment marocain était attendu. Devant cette réponse, j’ai téléphoné au S.R.C. de Creil, qui m’a prié d’enlever la planchette apposée sur le cercueil et de la remplacer par le nom de Péron François, de Tregourez, dont c’était bien le corps. Je me suis conformé à ces instructions et le cercueil est parti mardi soir pour cette commune. »(Y.P)

 Le monument aux morts de Tregourez porte les noms de 78 soldats morts pour la France pendant la Première guerre mondiale ; parmi eux un (Laurent Péron) est décédé sur le front belge pendant la  Course à la mer; un (Étienne Stervinou) est décédé en Grèce alors qu’il était membre de l’ Armée française d’Orient, un (Michel Rosparts) est décédé dans un hôpital suisse où il était soigné pour une maladie contractée alors qu’il était prisonnier en Allemagne ; un (Pierre Le Du) est disparu en mer ; la plupart des autres sont décédés sur le sol français ; parmi eux deux (Yves Herdiagon et Pierre Dréau) furent décorés de la  Croix de Guerre et de la Médaille militaire; Jean Le Moigne fut décoré de la Croix de guerre, Maurice Mahé et Alain Tassain reçurent la Médaille militaire. Le résultat de la grande Guerre sera la mort de plus de 100 mille bretons.

monument



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