Le seconde guerre mondiale.

Les premiers temps de l’occupation, années 41 et 42, la guerre et les évènements se passaient loin de Tregourez. Pendant ces deux premières années, les troupes se relayaient en permanence, et bien sûr, les allemands sont partout à Tregourez. Ils occupent les maisons, les bâtiments scolaires, la minoterie….

A la déclaration de la guerre, le tocsin sonne. Les avis sont affichés dans les hameaux et sur les lieux publics, cafés…….., comme à Toull Boud. Les jeunes étaient  heureux et pressés de partir. Ils étaient aussi sûrs de revenir vite, de ne faire qu’une bouchée des allemands.

Pendant la guerre, il y avait à  Toull Boud une boulangerie (Le Roy). Les paysans y portaient leur pâte à pain à cuire clandestinement. Le boulanger a été dénoncé. Des inspecteurs sont venus. Deux personnes venues récupérer leur pain cuit, les ont boutés vertement hors de la boulangerie. C’était en 1943. Le lendemain,  les gendarmes sont venus et ont été reçus de la même manière par  toute la population. Le surlendemain ce sont les forces d’occupation appelées en renfort qui ont encerclé  le hameau, véhicules, armes mitraillettes et tout le tintoin. Parmi la population défendant son pain, Catherine Paugam qui fût emprisonnée. Défendue par son mari, il fut lui-même emprisonné dans un camp en Saône et Loire. (Propos recueillis auprès de P.Kerneïs en 2008)

et encore

Pendant la guerre toujours, le boucher ALLAIN en bas du bourg faisait d’excellentes saucisses appréciées par l’occupant. Quand il manquait de matière première, il fallait qu’ils reviennent le lendemain.Il  disait qu’il partait à la recherche de viande. Bien sûr, il le faisait  le soir après sa journée. Pour avoir leur saucisse les allemands lui laissait la voie libre, ce dont il profitait pour récupérer les aviateurs  anglais  au carrefour de Goarem Louarn, qui à l’époque était le bout du monde, sans route, et les ramener chez lui, les cachait dans son sous-sol. Au dessus, la boucherie accueillait les allemands venus chercher leur saucisse. (Propos recueillis auprès de P.Kerneïs en 2008)

De mieux en mieux

A Follezou, une grosse lapine est morte dans la nuit. Une perte sèche  en ces temps difficiles. Elle fut pendue par les pattes contre le mur de  la maison. Le propriétaire ne pensait pas la manger, mais plutôt en tirer profit envers l’occupant. En effet, les allemands battaient la campagne, toujours à la recherche de nourriture. Voyant la grosse lapine prenant le frais. Ils demandèrent au propriétaire de la lui vendre, après hésitations……………….. celui-ci leur fit « un bon prix », les allemands repartirent avec la lapine. (Propos recueillis auprès de P.Kerneïs en 2008)

Un héros trégourezois ; Yves Allain.

yves allain

Yves Allain, né le 21 juin 1922 à Tregourez, participa dès 1941 à la distribution de tracts et journaux clandestins au lycée Henri IV puis fut membre du réseau Bourgogne où il fut l’adjoint de Georges Broussine, participant à l’exfiltration de France de près de 250 aviateurs alliés et d’une centaine de civils français, organisant aussi des parachutages dans la région de Trégourez, puis s’engagea dans les Forces Françaises libres en juin 1943 et reçut entre autres décorations la Medal of freedom avec palme d’or. et une rue de Tregourez porte son nom aujourd’hui. Il est mort assassiné en 1966 à  Rabbat au Maroc alors qu’il était le directeur local de l’ ORTF dans ce pays, alors protectorat français. (Wikipedia)

Fanch Garrec  a accroché un drapeau tricolore à la cime du plus haut des cyprès encore présents dans le cimetière entourant l’église, nous sommes en 1943, Fanch a scié partiellement le haut de l’arbre. Le drapeau flottait au vent, bien visible . Bientôt les allemands le voit . On envoie un homme pour le décrocher. Ce qui  fut fait, mais la cime est tombée  sous le poids de l’homme, et l’allemand fit une bonne chute, au milieu des tombes dans le cimetière sous l’hilarité générale.(propos recueillis auprès de P. Kerneïs en 2008.)

  En mars 1942 tous les jeunes gens nés en 1920 avaient par voie d’affiche et de presse, reçu l’ordre de se faire inscrire dans les mairies pour service du travail obligatoire.     

Lors de la descente des allemands pour les recherches dans le quartier, nous avons assisté, bien malgré nous à l’arrestation d’Yvon Donnard. Les garçons se sont trouvés pris dans le filet des allemands. Ils étaient ressortissants du STO et pensaient que c’était eux que les allemands recherchaient. Yvon Donnard dans sa fuite a été abattu. Nous étions, les enfants de la rue présents à ce moment là, et sous l’autorité des allemands, assis sur le tronc d’arbre devant la maison de mon grand père avec obligation de regarder. Et nous avons assisté au triste spectacle de la mort d’Yvon Donnard. Pendant ce temps les deux hommes étaient dans la crèche de ma grand-mère à  quelques mètres de là…. (Propos recueillis auprès d’Y. Brullé en 2009)

Yvon Donnard avait pris la fuite rapidement, mais au milieu du champs, il a fait demi-tour pour prendre son tabac. Il fut abattu à ce moment. Son corps fut mis dans une brouette à la demande des allemands et « promené » à travers la campagne jusqu’à Coray en guise de représailles.(P.Kerneïs en 2008)

En 1944 une garnison allemande veillait toujours à Tregourez. Elle était sporadiquement harcelée par les FFI et dont elle redoutait surtout les attaques nocturnes. De ce fait, elle sortait rarement de sa base à la nuit tombée.

« Les Allemands se méfiaient des habitants. Il disaient à Michel Benoît ; « Tu n’a pas fait la guerre et tu ne fais pas non plus de résistance… » Avec son flegme breton il répondait invariablement : « j’étais trop jeune pour la guerre. De plus j’étais de santé fragile. » Ce qui étonnait les allemands dont les conscrits étaient souvent très jeunes. Le sergent de la garnison passait régulièrement dans les différentes maisons avec deux ou trois hommes. Chez nous ils ne manquaient pas de demander des nouvelles de mon père qu’il savaient prisonnier. Maman montrait les lettres reçues et parfois les photos. Les Allemands pouvaient ainsi se faire une autre idée de ce qui se passait dans leur pays, leur propre courrier, censuré, ne reflétant pas nécessairement une fidèle vérité.(G Cosquer en Menez Kergréac’h en Tregourez 2007)

Pendant cette guerre, on n’oublie pas ceux qui sont loin, prisonniers ou soldats. A Tregourez on organise des kermesses afin de récolter des fonds  qui serviront à faire des colis qui partiront sur le front, dans les camps….

kermesse 43

Les femmes de la commune ont revêtu différents costumes locaux, costumes de leurs mères ou grand-mère. On remarque des costumes du pays Fouesnant. La femme au milieu revêt le costume de mariée de Tregourez.

Il y avait bal à Guernilis. Les jeunes gens du coin s’y sont rendus. D’eux d’entre-eux, fanfarons, on subtilisé au vestiaire des armes à des allemands venus danser aussi. Dès le lendemain une descente dans Tregourez et le quartier a été faite par les allemands. Ces deux hommes ont été dénoncés et  se sont cachés. Ils sont restés cachés dans la crèche de mes grand parents qui  ne savaient pas qu’il étaient là. Ils n’y sont pas restés, car dès la mort d’Yvon Donnard on ne les plus revu. Les armes aussi par eux cachées dans le courtil de la grand’ mère rue Garn Dreon, avec les plants de tabac  ont été retrouvées par mon grand père une dizaine de jours après. Ne sachant que faire, car elles étaient chargées et il ne savait les manier, mon grand père a fait appel aux allemands, pas méchant ceux là, qui venaient tous les soirs vers 7 h faire cuire leur œufs. Il leur a demandé de lui montrer le maniement de leurs armes qu’ils portaient toujours avec eux. Il a ainsi pu désarmer celles trouvées dans le courtil et les a rendu à la gendarmerie.
« Puis survint l’horreur. Un matin, un soldat allemand frappa à la porte de la maison, affirmant vouloir rejoindre les rangs de la résistance. Ma mère lui dit : « Reviens demain à la même heure ; je vais me rendre dans les différents commerces du bourg ; les résistants ont de bonnes oreilles. » Le lendemain matin, le soldat fut ponctuel. Il dit avoir soif et maman lui remis un bol en lui proposant d’attendre à la fontaine voisine. Moins d’une heure plus tard, quelques FFI se présentèrent et maman les conduisit à la source. L’allemand leva les bras et se rendit. Après de longs détours par les chemins creux il fut conduit chez F. Cumunel dont la maison n’était distante que de trois cent mètres à peine. Laissée vacante par son propriétaire, elle hébergeait le quartier générale des FTP. Après une nuit passée dans la ferme, on indiqua au « prisonnier » qu’une vache venait de mourir et  qu’il lui fallait creuser une fosse pour l’enterrer. L’homme creusa donc un trou au pied d’un talus, à 100m de la maison. L’excavation achevée, il y chut la tête en avant, abattu par les résistants. Le doute subsista sur la question de savoir s’il s’agissait d’un déserteur ou d’un espion. Une seul certitude :  la pitié n’était plus de mise. Une dizaine d’années plus tard, la dépouille fut transférée au cimetière de Tregourez en présence des autorités municipales. » (G. Cosquer en Menez Kergréac’h en Trégourez 2007)

Le 1er mars 1944, Bernard Corentin, de Gulven, est tué à Pont ar Guip en Trégourez par des soldats allemands lors d’un incident entre la population locale et les troupes d’occupation.

 

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