Un mariage à Tregourez.

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Autrefois, les jeunes se mariaient dans leur entourage. N’ayant pas de moyen de locomotion, ils restaient dans un cercle restreint, mariés souvent par accords entre les parents ou même le seigneur du coin quand il sentait la nécessité de placer un jeune ménage dans une de ses nombreuses fermes, comme locataires souvent corvéables ou alors comme régisseur de ses biens (en cherchant dans les archives, il y aurait beaucoup de choses à dire là-dessus).  Les hommes prenaient aussi femme pour avoir des enfants et être dispensés du service militaire qui était très long en ce temps-là.

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Après accords entre les parents, le futur marié venait rituellement, avec une bonne bouteille, demander aux parents de la jeune fille la main de sa future épouse. Ce n’est qu’après ce rite que les jeunes gens pouvaient se fréquenter pour se connaître et préparer le mariage. Plus tard, les jeunes gens se connaissaient déjà en se rencontrant dans les fêtes et les bals et se fréquentaient bien avant la demande en mariage qui s’est quand même perpétuée jusqu’aux années cinquante, soixante. Puis petit à petit, les jeunes ont décidé d’eux-mêmes d’annoncer à leurs parents leur désir de se marier.

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C‘est encore à l’église paroissiale que le prêtre recevait les fiancés pour les promesses de mariage et les bans qui étaient publiés à l’église pendant trois semaines. Du haut de la chaire, à la grand-messe, le prêtre annonçait les promesses du futur mariage à l’assistance. Le jour fixé pour le mariage, il les mariait solennellement en présence de leurs parents et témoins qui étaient toujours des voisins ou le seigneur !

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Le premier enfant naissait très vite après le mariage et beaucoup d’enfants mouraient en bas âge et parfois les mamans aussi, souvent à la première naissance. Les hommes se retrouvaient veufs très jeunes avec, parfois, une ribambelle d’enfants à élever, donc ils se remariaient avec une sœur, une cousine, une nièce ou une tante de leur femme défunte.

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Quand les moyens de locomotion ont commencé à apparaître: char à bancs, vélo, les jeunes ont trouvé leur moitié un peu plus loin dans les communes voisines et les noces sont devenues de grandes fêtes. Toute la parenté et les amis étaient « de noces ›› et l’on festoyait parfois plusieurs jours. Les invités du futur arrivaient très tôt le matin chez le marié, où leur était servi un copieux festin: apéritif, café, charcuterie, crêpes et le fameux gâteau breton. Puis tous se rendaient à cheval, en char à bancs ou quelquefois un vieux car, chez la mariée quel événement !  Le même festin recommençait, tout le monde était encore servi: pâté, crêpes, gâteaux, café, vin !

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Et en route, en cortège, pour la mairie et l’église, chacun au bras de son cavalier ou sa cavalière. Cavalier et cavalière désignés par les filles et les garçons d’honneur qui eux étaient choisis pour cet office par les jeunes mariés; en général c’étaient les frères, sœurs, cousins, cousines.

En tête du cortège le marié au bras de sa mère, les invités, puis la mariée au bras de son père. Lorsqu’elle arrivait jusqu’à l’autel, son futur mari était déjà installé, le prêtre attendait pour commencer la cérémonie. Après l’échange des consentements, il célébrait la messe de mariage, les futurs époux, s’étant confessés la veille pour se faire pardonner leurs péchés recevaient la communion, suivie de celle de leurs parents et de quelques invités.

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Pour la sortie de l’église, les jeunes mariés se tenaient par le bras, le cortège suivait, les cloches sonnaient à toute volée. Sur la place, le photographe attendait pour faire le groupe de noce. Puis tous en chœur, on allait prendre un apéritif dans l’un ou l’autre des cafés du bourg, quelques pas de danse dans une salle du bourg aussi, puis c’était le repas de midi au restaurant: soupe, rôti ou ragoût, pommes de terre ou petits pois et, comme dessert, une semoule nappée de crème anglaise et un café avec souvent un gâteau breton ou un pain de Savoie. Les vins, rouge et blanc, étaient servis à volonté. on dégageait la salle pour danser au son d’un petit orchestre jusqu’au soir où était servi le souper un peu moins copieux que le repas du midi (à Laz, par exemple, étaient servies les traditionnelles tripes locales) et l’on dansait de nouveau jusqu’à une heure avancée de la nuit. Les mariés s’éclipsaient avant la fin du bal, surveillés par quelques jeunes qui savaient que, s’ils les trouvaient, une soupe à l’oignon leur serait servie. (Anna Brefort-Terres d’embruns 2005)

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Sur cette carte postale on peut voir à droite le tailleur de Coray.

 Pour cet évènement qu’est le mariage, hommes et femmes faisaient appel au tailleur. Ce dernier pouvait aller d’un village à l’autre, et proposait ses services pour confectionner les costumes  que portaient  nos ancêtres. Le tailleur pouvait aussi travailler en atelier à son domicile. Au 19e siècle, le tailleur le plus occupé de Tregourez officiait à Coray, commune limitrophe.

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Quelques photos de mariages à Tregourez, cliquer pour faire défiler les photos.

 

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