On s’amuse.

La fameuse loi de 1901 favorise la formation de sociétés à but non lucratif et celle, toute chaude, de 1905, réduisant le service militaire à 2 ans s’accompagne d’appels à créer de nouvelles associations « d’activités physiques » qui permettraient de compenser ses effets. Le Président de la République , Monsieur Loubet, soi-même a dit :

« Tous nos efforts doivent tendre à donner aux jeunes les forces physiques et morales dont nous avons besoin pour garantir la paix »

Chaque bourg breton vit ainsi naître « son » équipe au nom souvent folklorique. Chaque village en profitait pour vanter ses spécialités en les donnant à la formation sportive. On eut ainsi : les Langoustines de Locmiquélic, les Bélougas de Beltz, les Brochets de Plovan, les Marcassins de Tréogat, les Lapins de Guengat.

A Trégourez ce sera les Zèbres de Trégourez. A concarneau l’ Hermine Concarnoise. La plus pure fantaisie se donna libre cours : Joyeuse de Peumerit, Lanterne de Loctudy, Dernières Cartouches de Carhaix, Mélénick d’Elliant, Coquelicots du Trévoux, Papillons Bleus de Spézet. Les appellations classiques n’en furent pas pour autant supprimées : Football Club de Pleuven, Union Sportive de Fouesnant, Association Sportive de Plomelin.

Le club de Trégourez, lui  sera fondé dans les années 1930. Régulièrement il sera subventionné. En 1950 par exemple la subvention sera pour l’année de 35000 F

foot 1939

Leur terrain de jeux à cette époque se situait en bas du bourg sur ce qui sera le terrain de la foire. C’est en 1971  que de nouveaux terrains sont acquis dans le bourg, derrière les écoles, afin d’en faire un terrain de football.

———————-

En 1905, les recteurs menacent les filles qui se rendent aux festou noz d’excommunication. Mais ce seront les mêmes qui auparavant ont exclu de la communion, les parents qui on mit leurs enfants à l’école laïque.

——————–

Je crois aussi bon de raconter quelques mots d’une journée de tête, je prends en exemple le Concours Agricole de Trégourez, en 1905, fin septembre ; quelques jours avant mon départ au Régiment, mon ami et moi, prenions le chemin de Trégourez, vers 9 heures du matin, les autres jeunes qui allaient comme nous au Régiment allèrent aussi en foule, la curiosité nous fit visiter les bêtes exposées au concours, ainsi que les produits de toutes sortes. Le Sous-Prétet de Châteaulin et M. Dubuisson, député de Châteauneuf-du-Faou, honoraient de leurs présences cette fête agricole. La danse avait commencé vers 10 heures pour continuer toute la journée, il y avait là les fameux binious et bombardes de Langonnet (Morbihan). En effet, le mot fameux leur convenait tellement, qu’à mon point de vue ils n’ont été sinon égalés au moins dépassés jamais par d’autres. Je me rappellerai toujours du bombarde qui portait, été comme hiver, un chapeau de paille de sa fabrication et qu’avant de commencer, le prenait dans sa main droite en le tournant du bord puis enfonçait sa bombarde dans la bouche pour faire entendre des airs à ressusciter les morts, à faire pâlir même « Mathulinnan dall ». .Je veux dire que ces airs poussés avec un entrain artistique sans égal réveillaient tout le monde, même les plus endormis pour admirer l’instrument de musique le plus aimé du pays entraînant dans des gavottes ou jabadaos éperdus une jeunesse folle de joie et de gaieté. Cela durait toute la journée ainsi, le biniou jouait tantôt à côté d’un débit, tantôt à côté d’un autre. Un banquet fastueux fût servi aux Notabilités et autres chez Pennec, restaurateur, je n’y pris pas part. Le soir, la joie de la jeunesse était à son comble quand on nous annonça que le biniou devait conduire M. le Sous-Préfet et M. Dubuisson jusqu’à leurs voitures à environ 2 ou 300 mètres au-delà du bourg et tout le monde de suivre en cortège ; Il fallait entendre en ce moment tout le long du parcours ces fameux joueurs de biniou. Je crois qu’ils se sont dépassé là , largement. Les airs et la cadence du pas semblaient légers à tout le monde. Nous rentrions le soir après une journée de bonheur éperdu, dont les rêves nous hantèrent toute la nuit.

René COROLLER né en mars 1885 Ecrites vers vers 1950

On dansait entre autre, à Tregourez, la gavotte glazig. Elle se présente sous la forme d’une quadrette ici (probablement au contact du pays voisin de l’Aven où cette forme de danse est implantée).

Outre les festou noz, à la veille de la guerre il y avait bal chaque dimanche. Des salles de danse existaient dans la commune dont une au bourg de Trégourez ; le bal Bourhis.Une autre existait aussi à Kermadek où le couple Peron exploitait un café dancing. La danse constitue une des premières distractions voir la première. Dès la messe terminé, on danse partout. A partir de ces années l’accordéon est apparu. On danse les danses traditionnelles, mais les danses dites modernes ont fait leur apparition. Ces bals ont été supprimés après la débâcle de 1940, par solidarité avec les prisonniers. Ce qui n’empêchera pas les jeunes de se rassembler pour danser dans des endroits où ils n’auraient pas à craindre les descentes des boches.  Bientôt arrivera dans les mairies un ordre du « Maréchal », qui à défaut de pouvoir punir les bals clandestins punira les musiciens. Ordre est donné de déposer les instruments de musique en mairie. On y déposera tous les plus vieux et les plus abimés, voir ceux qui qui ne sont plus utilisables.

bal bourhis

En 1943, l’Occupation se durcit. Ainsi on organise des bals à la ferme, comme autrefois. Les chanteurs reprennent de la voix. Les instruments de musique s’improvisent et jouent aussi bien que ceux qui ont été laissé en mairie. Le cidre est là et coule à flot.

anigif

Cliquer sur la photo.

Ces bals fermés pendant cette période de guerre rouvriront après. On évoquera ce bal en 1954 dans le Conseil municipal de juin, mais pour quelle raison ?

A Toul Bout une « maison » faisait bar et il y avait deux filles qui « montaient ». Cet endroit très connu de tout le Finistère (j’ai rencontré des « anciens » loin de Trégourez qui m’ont dit l’avoir fréquenté) a été fermé  dans les années 50.

Mr  Corler  tenait  salle de bal à Toul Sabl, une pétition a été engagée à son encontre en 1954.  Pour quel motifs ?

A Toul sabl la salle de danse a été vendue et transformée ensuite en « boite de nuit », à ce jour les locaux sont à vendre.

dancing toull sable

——————-

Comme elle était animée !… et si triste maintenant. Nous étions toute une ribambelle d’enfants, c’était dans les années 1936 /1945. Elle n’était pas comme maintenant. Dans mon enfance, c’était une route très boueuse, bordée de châtaigniers et de chênes le long du Parc Hir (le grand champ), transformé maintenant en zone artisanale et d’habitation. Puis dans les années 50 elle a été élargie pour devenir une rue.

garn dréon

Nous y avons passé de bons moments, mes copines et moi, à jouer dans les arbres, à y faire des cabanes. Comme jouets, nous avions des morceaux de bols et d’assiettes cassés que nos mères avaient jeté par-dessus le talus. Plus tard, l’été, c’était le rendez-vous du soir de la jeunesse du quartier. Il n’y avait pas la télé. De temps en temps nous allions chez une amie qui elle, avait un poste de radio à galène. Nous écoutions les messages venus de Londres. Les soldats allemands, eux venait vers 7h du soir faire cuire leurs œufs chez mon grand père et repartait ensuite. (Propos recueillis auprès d’Yvette Brullé 2009)

On parlait, on chantait et on riait. La vie était belle dans le Garn Dreon, et surtout, nous étions jeunes.

Il y a aussi à Trégourez, des joueurs de boules. On aménage à leur intention un terrain couvert derrière l’église., c’est en 1987.

boules

Il existait aussi des « rencontres inter-clochers opposant les montagnards de Laz  aux gars de la vallée de l’Odet dans des disciplines des plus originales et des plus variées, au nombre desquelles figurait entre autres le traditionnel tir à la corde. La rencontre eut lieu en deux manches et dans les prairies bordant l’Odet.  Les Trégourézois se rachetèrent, et de quelle façon de la défaite qui leur avait été infligée sur les hauteurs de la montagne, ceci à la satisfaction générale. » (R.PERON Monographie).

tir corde

Depuis l’après guerre, les « classes » se réunissent et s’offrent un moment  de convivialité. Cele se pratiquait à Trégourez dans les établissements de restauration. Les maisons « Bourhis » « Coualc’h » ou d’autres les rassemblaient autour d’un repas. Les femmes et les hommes nés dans la même année.

anigif classes

Cliquer pour faire dérouler les photos



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

tout et n'importe quoi |
infocoursbautain |
Logos |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | agencevirtuel
| rebellesimpliquees
| La violence conjugale, aime...