Le petit train.

 Le train « Patate ».

Pourquoi ce surnom ? La pomme de terre est devenue une production de rapport fort lucrative. A la fin du XXè siècle elles étaient expédiées de toutes ces petites gares qui jalonnaient la ligne. (Train aval douar)

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« Le dimanche soir, l’on venait assister à l’arrivée du train à la nuit tombée. On l’entendait de loin. Il scintillait dans l’obscurité et déversait son « flot » de voyageurs sur le quai. « , rapporte Annick Fleitour, auteur d’un livre sur le train Rosporden-Plouescat, citant le témoignage d’une des dernières employées de la compagnie du chemin de fer, âgée aujourd’hui de 95 ans.  » Il faut se souvenir que les petites villes et les villages n’avaient pas l’éclairage public, à l’époque », précise Serge Duigou. Le flux des voyageurs se faisait au niveau du ballast, dans l’obscurité complète. Les gares n’étaient pas éclairées. Prendre le train dans ces conditions n’était pas sans danger pour les voyageurs », précise-t-il encore. « La ligne a fonctionné normalement de 1912 à 1914. Ensuite, ce fut une lente agonie économique. Le choix de la voie métrique, le tracé sinueux et la vitesse moyenne de 20 km/h, impossible à améliorer, condamnait ce petit train », analyse l’historien. « Le scandale financier colossal qui a vu l’entrepreneur de la compagnie créer une société de cars concurrente afin d’augmenter ses profits, tout en faisant financer le déficit du train par le conseil général de l’époque, n’a fait que précipiter la fermeture en 1932 ».

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Le train patate, qui desservait 24 gares et une douzaine de haltes, transportait aussi bien des ardoises, du bois de chauffage, du sable, du bétail, des pommes de terre, etc… Les voyageurs également étaient nombreux, surtout les jours de foires. Il n’est pas rare d’ailleurs, qu’il faille ajouter des wagons ces jours là. Le convoi en comptait habituellement 4 à 5 et mettait 11 heures (arrêts compris) pour parcourir les 136 Km de la ligne. Grâce au petit « train patates » qui cahotait joyeusement et lentement, les fermières pouvaient aller, tout en bavardant, vendre beurre, œufs, volailles et légumes aux marchés des gros bourgs voisins.

A Trégourez dès qu’il y eu le train, nous avions deux distributions postales par jour, tout au moins au bourg. Le Receveur distributeur, charmant, vieux garçon se maria au moment où d’autres prenait leur retraite. Pendant la guerre(14/18), il sut tout ce qui concernait son secteur, pour la raison bien simple qu’il lisait toutes les cartes des prisonniers et des combattants. Par le train également nous arriva la Dépêche de Brest qui remplaça  avantageusement le petit journal. (J.N Souvenirs des Montagnes Noires 1905/1914)

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Chaque commune voulait sa gare, que de discussions interminables ! Leuhan voulait sa gare, elle renoncera au projet du Gouelet devant le détour que l’arrêt imposerait au tracé. En compensation elle demande que la gare de Tregourez soit reportée au Goaillou. Finalement la gare de Tregourez  à Tregourez sera complétée d’un arrêt à Guernilis. Deux trains passaient chaque jour. En 1932 la trafic est totalement supprimé. Le personnel est en partie licencié. Mme Angèle Coriou receveuse à Tregourez et responsable des installation ferroviaires avait été embauchée en 1923.

Il y avait trois trains dans chaque sens et le courrier nous arrivait vers 9h 1/2 de Rosporden. Le règne du courrier à cheval de Châteauneuf à Rosporden que j’avais connu pendant tant d’année était terminé. Maintenant non voyageait un peu plus vite (1h 1/2 pour faire les 26 km qui nous séparaient de Rosporden) et dans de meilleures conditions.  La première cheffesse de gare que nous e^mes fut Mme le Her, bru de la mercière et belle-sœur- du prêtre, elle avait 30 Fr par mois et le logement. De temps en temps, le train prenait un wagon de marchandise car à Tregourez nous avions, avec voie particulière s’il vous plaît, un dépôt de blé tenu par Mr Pennec. J’ai souvent vu charger les sacs de blé mais l’amusement c’était de pousser le wagon de la voie privée à la voie de garage du réseau. Le but de promenade du dimanche soir, en été, c’était d’aller à la gare voir le train passer. Je n’exagérè pas en disant que deux cent personnes venaient à la gare ou aux environs, s’asseyaient quelque part et papotaient jusqu’à l’arrivée du train. Celui-ci restait en gare au moins un quart d’heure car mécanicien, chauffeur et chef de train abandonnaient le train pour aller boire un coup à 50 mètres de là. (J.Nedellec Souvenirs des Montagnes noires 1905-1914)

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A l’époque, la ligne de chemin de fer Rosporden-Plouescat était la plus longue ligne à voie métrique du département (135 km) et comptait la plus grande déclivité due au franchissement des monts d’Arrée à Roc Trévézel, mais, ce fut aussi la plus courte en existence (20 ans). Les déraillements accidentels ou intentionnels sont nombreux, tel celui du dépôt d’une énorme pierre au passage à niveau de Coray. A cette époque ils n’étaient pas gardés.

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René Bourhis puisqu’il s’agit de lui,  a été bercé par le passage du « petit » train » au fond du champs de ses parents. Il a passé 9 ans de sa retraite à bâtir un extraordinaire réseau miniature de plus de 100m de voies, soit plus de 2  km à l’échelle, qui comprend des maquettes à l’échelle exacte du pont de Pont Pol tel qu’il étai en 1920. Sur la maquette de la gare de Trégourez, on peut vérifier le nombre de pierres de la façade et celui des rangs d’ardoises sont exacts ainsi que la distance entre la gare et les toilettes et la pente de la rampe.

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Précédée de la halte de Laz, la gare de Tregourez et son ancien entrepôt date de 1900. Bâties en pierre, toutes les gares des petites communes le seront sur le même modèle. La gare a été détruite à Tregourez  en 1970. Après l’arrêt de la ligne, s’en suit la dépose des voies. Les gares sont vendues à des particuliers.

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À partir de cette halte de Laz, l’ancienne ligne a été transformée en route départementale, la D336 pour être précis. Ici à Tregourez on l’appelle encore et toujours la « route des lapins ». Elle doit son nom a ce que peu de trafic s’y faisait sauf…..les lapins. Il y eu d’ailleurs une visite télévisée de J.P Pernaut dans le cadre de l’émission « combien ça coûte »  dont je n’ai pas trouvé trace.  Pas moins de deux rues sont consacrées à ladite ancienne gare à Tregourez.

 Un bon kilomètre après la sortie de Tregourez, se retrouve le chemin qui suit le tracé de l’ancienne ligne vers Coray.

La préposée à la gare de Trégourez, Angèle Coriou, veillait avec beaucoup d’autorité sur «sa» gare et «son» train. Par ailleurs, ce train échafaudait toutes sortes d’idées dans l’esprit des habitants, certains faisaient le signe de la croix au passage du «march du», d’autres laissaient croire qu’il faisait tourner le lait des vaches ! (Annick Fleitour)

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