Intérieur de l’église.

Nous entrons à l’intérieur par le porche latéral sud. Du type à nef obscure, ellecomporte une nef de six travées avec bas-côtés, lambrissée en berceau.

Les grandes arcades en tiers-point pénètrent directement dans les piliers cylindriques. On peut voir le système de vases acoustiques au-dessus de trois piliers dans le haut de la nef ; les comptes de la fabrique font mention, en 1666,

de « dix pots à mettre dans les murs de l’église pour faire écho » commandés au potier Hervé Le Can, d’Ergué.

vases1-horz

Des orifices en haut des murs de part et d’autre du chœur et dans la nef signalent la présence de ces vases. Ces pots d’argile sont installés après la construction dans les pierres de taille, reprises à l’enduit, pour améliorer l’acoustique de l’église. Ils sont le plus souvent disposés par trois, en triangle. Trois autres sont ajoutés par la suite. Dans le Finistère, une vingtaine de sanctuaires possèdent des vases acoustiques. C’est la stéréo de l’époque.

Outre le statuaire, l’intérieur du bâtiment conserve deux sacraires sculptés, un enfeu avec accolades et pinacles, et un écu aux armes de Nicolas de Laval et de Charlotte d’Aragon, détenteurs de la baronnie de Laz. La verrière du chœur garde des fragments d’un vitrail du XVIe siècle, La Passion et le Jugement dernier. (I. M. H.)

Approchons nous un peu.

hervé

Groupe de saint Hervé et de Gulc’haran, du XVIème siècle, en pierre polychrome. Il tient son livre d’exorcismes et son chapelet. Le loup porte un collier, ce qui signifie qu’il a été domestiqué (par Hervé) celui qui l’apprivoisât et auquel il fit tirer sa charrue afin de délimiter son ermitage.

Né dans le Léon, le barde aveugle Hervé est très populaire pour avoir domestiqué le loup qui dévora son âne. L’ermite est aussi exorciste, ce qu’indiquent son livre de prières et son chapelet. Il possède le pouvoir de repousser les démons, comme celui qu’il écrase négligemment de son bâton de marche. Il est représenté traditionnellement avec son loup muselé par une corde et tenu par le  fidèle Gulc’haran le jeune guide du saint. Le calice sculpté figure la donation d’un prêtre.

       sébastien

Saint Sébastien, du  XVI siècle en bois polychrome. Il manque une flèche, et trois sont cassées. Il est représenté ici ligoté sur son poteau le torse nu et transpercé. Il aurait vécu à la fin du III e siècle. De son vivant, il réussit aussi à convertir un grand nombre de païens. L’apprenant, Dioclétien le fit arrêter et le fit lier au milieu d’une plaine. Il ordonna aux archers qu’on le perçât à coups de flèches. Le saint est nu, ce qui permet au fidèle de constater que les flèches sont profondément enfoncées dans sa chair (au point que cette chair saigne), mais qu’elles s’avèrent impuissantes à l’abattre et, même, qu’elles ne troublent pas la sérénité du martyr. Sébastien fut vénéré comme protecteur contre la peste, les flèches évoqueraient les stigmates de ce châtiment divin.

fiacre

Saint Fiacre, patron des jardiniers et des cultivateurs du XVI siècle, en  bois polychrome. Moine défricheur, il est né au début du VIIème dans une riche famille irlandaise. Il vint en Gaule pour évangéliser le continent. Selon la tradition, l’évêque lui aurait octroyé en toute propriété l’espace de terres qu’il pourrait entourer d’un fossé en une journée de travail. Fiacre, laissant traîner son bâton derrière lui, aurait vu le sol se creuser de lui-même et les arbres déracinés tomber de droite et de gauche.  Saint Fiacre est vêtu en paysan ou en ermite, avec une bêche. Il tient d’une main le livre ouvert des Évangiles, et de l’autre une bêche.

piéta

Piéta du XVI siècle en bois polychrome. Thème privilégié de la piété des hommes de la fin du Moyen Age, la Pietà représente le Christ mort sur les genoux de sa mère.

idunet

 Saint Idunet dans  l’angle du mur à gauche du chœur. C’est la statue la plus ancienne, elle date de 1562, en bois polychrome.

sacraire

Aux angles du chœur, deux sacraires : l’un de style flamboyant, l’autre est plus simple ;  la porte n’existe plus. Sur la porte du premier, bas-relief du Christ enseignant.

  hélène

Vierge dans l’angle du mur à droite du chœur du  XVI siècle,  en bois polychrome. Signe particulier : répertoriée comme vierge et priée ici comme Saint Hélène. Vierge Mère couronnée et assise, un livre sur les genoux. Il n’est pas fréquent que Marie soit représentée seule, dans sa maturité. Cette Vierge en majesté est couronnée, symbolisant son statut de reine de la terre et du Ciel, offert par Jésus, après sa mort.

viergemère

La Vierge Mère du  XVI siècle, en bois polychrome, Marie,  n’est jamais honorée seule, elle est toujours celle qui nous donne le Christ, qui nous conduit à Lui. Elle tient dans sa main droite un globe lumineux qui est le monde qu’elle offre à son fils.

 baptemechrist

Le baptême du Christ du  XVIe siècle – 1563  en pierre polychrome. Le Christ, au milieu du Jourdain, reçoit le baptême de Jean Baptiste.  « La nudité et la tête inclinée sont autant de signes de l’humilité du Christ qui s’anéantit lui-même, prenant la condition d’esclave et devenant semblable aux hommes « . Le précurseur se drape dans sa robe en poil de chameau ; la tête et les pattes de l’animal pendent entre ses pieds.

 georges

Saint Georges fixé au mur droit du porche, du XVI siècle, en bois polychrome. Signe particulier : répertorié comme Saint Michel terrassant le dragon,  le dragon est fendu et sa langue est cassée. Saint Georges est dans toute la chrétienté, le patron des chevaliers. Il traverse un jour une ville terrorisée par un redoutable dragon qui dévore tous les animaux de la contrée et exige des habitants un tribut quotidien de deux jeunes gens tirés au sort. Georges arrive le jour où le sort tombe sur la fille du roi, au moment où celle-ci va être victime du monstre Georges engage avec le dragon un combat acharné dont il finit par triompher. La princesse est délivrée et, selon certaines versions, le dragon lui reste désormais attaché comme un chien fidèle. Le combat de Georges contre le dragon est un sujet très souvent représenté, surtout à partir du XIIIe siècle. Il symbolise la victoire de la Foi sur le Mal.

Les vitraux

Vitrail du chevet composé de verres anciens représentant le Calvaire, le martyre de saint Sébastien, des scènes de la Passion, et le jugement dernier le tout est assez fragmentaire et dispersé parmi du verre blanc. Il est du 16e siècle.

vitrail

C‘est aussi celle du commun des mortels, si bien représentée ce vitrail de l’église de Trégourez.

A droite, une âme figurée sous la forme d’un homme nu tombe en hurlant de terreur vers une gueule infernale. Un démon vert le pousse pour accélérer sa chute, un autre, d’un brun orangé, couleur de tourbe, l’attire vers le bas. D’autres damnés expriment leur effroi d’être ainsi tombés dans ce lieu de tourment.L’ensemble est saisissant et le contraste est bien marqué entre la damnation et le salut, puisque le pendant à cette scène est immédiatement visible de l’autre côté du vitrail à gauche, dans un mouvement inverse  cette fois : une âme sauvée tend ses bras vers le haut et est poussée dans cette même direction par un ange protecteur. On remarque aussi, dans la même logique en haut à gauche le soleil , jour, lumière et à droite la lune, nuit et obscurité.

La gueule de l'Enfer

L‘idée de la salvation est donc illustrée par un mouvement vertical ascensionnel, par un retour à la surface en quelque sorte.

L‘autre vitrail : blason ;Saint Sébastien. Le vitrail porte les armes des donateurs, les Quenquis de La Villeneuve. Ecusson d’or à cinq macles de sable.

st Sébastien

Saint Sébastien  reçoit des flèches de ses bourreaux, mais il n’en meurt pas, ce qui fait de lui le protecteur contre la peste.  Les plaies représentent les stigmates des blessures. En effet, ce fléau endémique est redouté entre tous, et ses atteintes ressemblent aux blessures causées par des flèches.

Les fonds baptismaux sont d’une simplicité extrême. Une cuve en plomb repose sur un socle de pierre.

Les cloches de l’église sont de 1602 et 1646.

Petite histoire malheureuse du dernier bedeau sonneur de cloches.

Selon Camby, le bedeau est la troisième autorité de la commune. Il est vraiment « le maître des cloches ». Dans les départements de l’Ouest breton, il semble que les bedeaux sonnent quant ils le jugent bon. Les prétentions des autorités municipales ne sont pas, en la matière, inférieures à celle du clergé.

bedeau

L‘escalier de distribution extérieur qui est le rampant mène au clocher. Il fut mortel au bedeau. Le sonneur « Gilles » y trouva donc la mort dans l’exercice de ses fonctions : glissant sur les marches verglacées, il se fracassa la tête  sur une tombe en contrebas. Ceci se passe avant le déplacement du cimetière. On a depuis déplacé le cimetière et électrifié les cloches.

 



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