Patrimoine religieux du bourg.

La religion bretonne

Les Celtes pratiquent un culte sans temple, ni représentation divine incarnée. Les lieux de prière sont les forêts, les maîtres de cérémonie des druides, juges suprêmes dont les décisions sont extrêmement redoutées, les dieux et les déesses les forces naturelles : les sources, les arbres, les pierres, le tonnerre… Dès le Vème siècle, lorsque l’église catholique en quête d’uniformisation de la religion tente d’évangéliser la région, elle rencontre de grandes difficultés. Les envahisseurs romains au cours des quatre siècles précédents sont parvenus à faire adopter leurs dieux, Jupiter, Mars, Venus, Apollon notamment auprès des notables qui ont bien compris l’intérêt de s’entendre avec le vainqueur. Néanmoins, les statues ou temples ont toujours été marqués de l’empreinte celtique. Alors pour s’implanter, l’église catholique va à son tour devoir ruser et accepter de faire des compromis. C’est ainsi que les prêtres vont opter pour la « christianisation » d’un certain nombre de menhirs par exemple. Si l’on peut encore aujourd’hui lire des inscriptions celtiques gravées sur les pierres érigées parsemées sur les terres bretonnes, aussi insolite que cela puisse paraître, on peut également découvrir des menhirs surmontés d’une croix.

Des moines, disciples de saint Guénolé, s’installent sur cette terre, où ils fondent des sanctuaires dédiés à saint Idunet et à saint Guézennec.

idunet

Les Ve et VIe siècles sont des périodes de forte migration de « Bretons » en   provenance de la Grande-Bretagne actuelle. Armoricains et Bretons ont de nombreux points communs, facilitant ainsi l’installation des nouveaux venus. Saint Idunet est l’un de ceux là. Investi du rôle de missionnaire par saint Guénolé il s’installe sur le territoire de Tregourez avec saint Guézennec où ils fondent leurs sanctuaires. D’après la tradition donc, disciple de saint Guénolé, il aurait vécu dans une grotte en un lieu-dit Nin, d’où provient le toponyme Castel-Nin, aujourd’hui Châteaulin. Idunet  est fêté le 19 octobre. Un pardon  se tenait chaque année ici. Il a perduré jusque dans les années 1960. Il est représenté en diacre dans l’église de Tregourez, on l’honore comme « saint » au sens catholique du terme.  

Créée vers le XIe siècle, la paroisse de Tregourez englobe alors les villages de Gulvain et de Lannarnec. Au XVIIe siècle, les trégourézois sont encore tenus d’aller à l’église de Coray le jour de la Saint-Pierre, ce qui prouve l’ancienneté des lieux qui unissent les deux paroisses.

anigifeglise

Cliquer sur la photo

L‘église paroissiale Saint Idunet dont on ne connaît pas la date de première construction, rien d’étonnant qu’elle ne fut bâtie après la Croisade de St Louis (1248). Au cours des siècles, elle fut endommagée par exemple, pendant les guerres de religion.

On trouve une plaque 1544 au dessus de la porte de la Sacristie. Ce qui laisse penser que les Seigneurs de LAZ, à cette date, auraient effectué des travaux importants. D’ailleurs, dans le Chœur en-dessous du vitrail sud, on trouve un tombeau seigneurial, au dessus de ce vitrail à l’extérieur, on voit encore des armoiries qui seraient (parait-il) celles de la famille de Laval.

anigiftombeau

Cliquer sur la photo

L‘église, qui comporte une nef de six travées avec bas-côtés, lambrissée en berceau, conserve ses grandes arcades qui pénètrent directement dans les piliers cylindriques. L’une des sablières porte la date de 1544. Le porche latéral, ajouté au siècle suivant, se caractérise par un toit en carène renversée. Sur les murs du porche sud, deux sculptures en relief accompagnent la date de 1687, et les noms du curé de Tregourez et des fabriciens de l’église paroissiale. Un homme et une sirène couchée sont représentés en façade. Simple motif décoratif, la sirène peut symboliser la séduction, voire la luxure.

Lors des derniers travaux de restauration effectués en 1985-1986, on a découvert une pierre marquée 1822 sur la première marche du chœur, ce qui indiquerait une autre restauration à cette époque.

Tour-horz

La tour à une galerie porte la date de 1709. Le portail est classique,  avec réemploi de la porte du 16e siècle et un clocher à une galerie et flèche à gables ajourés.  La porte intérieure est soulignée d’une accolade reposant sur des culots.

anigifporche

Cliquer sur la photo

Sur la sacristie, accolée de l’autre côté de l’église, sont énumérés les prêtres de la paroisse et les fabriciens qui en ont décidé la construction en 1675. La tour est refaite en 1709. De nombreuses têtes humaines ornent les crossettes et les rampants du toit. Ces animaux et les créatures mythologiques, aux postures grotesques ou scabreuses, qui ornent les crossettes des rampants de la chapelle, illustrent l’imaginaire médiéval. On peut y voir : un chien, une femme qui prie, un sanglier et deux dragons. Arrêtons nous sur le dragon.

dragon

Cliquer sur la photo

Deux dragons se faufilent donc sur  la  décoration extérieure. Le dragon possède la maîtrise totale des quatre éléments que sont : l’eau (encore), l’air, la terre et le feu.  Ils lui confèrent la puissance totale et par conséquent une haute valeur symbolique. Le dragon  appartient au passé. Il est le gardien de l’ancienne tradition autochtone  vaincue par la nouvelle religion venue d’ailleurs.          

La sacristie fut construite quelques temps après l’église,  l’église avait déjà plus de 100 ans. Elle porte l’inscription « D. Mauricius. Gueguen. R. 1675 – M. P. Le Bourchis C. Mi. Le Bourchis P. M. G. Perennec. Cl. Le Gallou. Fa. Y. Le Cor. G. Queinnec F. A. Talidec Ma. »

anigifsacristie

Cliquer sur la photo

« Compte que présente à Monseigneur l’évêque de Quimper et comte de Cornouaille pour être examiné en sa visite épiscopale désignée au bourg d’Elliant le 29 d’aoust 1672. Frais touchant la sacristie : Pour la pierre tant de maçonnerie que de taille pour construire la sacristie, la fabrique a payé 27 livres 3 sols 6 deniers. Pour mettre les armes du seigneur  Marquis de La Roche et l’écusson de taille en la sacristie 3 livres sols. »

L‘écusson portant les armes des seigneurs de La Roche dont on vient de parler et qui figure toujours sur la sacristie : c’est là que le procureur fiscal des seigneurs de la Roche et de Laz tenait les réunions du corps politique de la paroisse.

Le clergé comprenait en 1672 sous la houlette de pasteur de Maurice Guéguen  deux « curés »  (vicaires) qu’il mentionne en ces termes:   Les vénérables messires Jean et Pierre Le Bourrhis,  prêtres  et curés, célébrant depuis de longues années au profit et satisfaction de tout le peuple ». Leur domicile était au village de Pen ar pont.  Lui-même, recteur, résidait non pas au bourg, mais dans une maison  qu’il avait fait bâtir à Kerdu, sur un terrain qu’il tenait de sa mère. Il était en effet né à Tregourez le 14 juin 1625  de Jean Gueguen et de Jeanne Poupon de Kergarric. Zélé pour l’étude et craignant les importuns, il avait choisi Kerdu et le chérissait. C’est encore lui qui nous le dit, comme « son Tuscalum et lieu solitaire pour y lire et étudier et composer, écarté des passants qui lui déroberaient son temps étant au bourg ».  Le recteur Gueguen mourut à la fin de 1679 âgé de 54 ans après avoir gouverné pendant 23 ans la paroisse. Son nom se lit gravé sur les murs de la grande sacristie qu’il avait fait construire.

 Vers 1760, les autorités ecclésiastiques interdirent d’inhumer dans les églises pour des raisons d’hygiène. Le cimetière s’organisa alors autour de l’église. Comme dans tous les cimetières des ifs furent plantés, ils devinrent magnifiques. En 1938 un de ces trois ifs mesurait 2,5m de circonférence à un mètre du sol. Le cimetière qui entourait l’église a été déplacé pendant la  guerre de 39-45 et donc les ifs ont été  retirés aussi. Triste fin pour de si beaux arbres. On a fait place nette pour un beau parking.

eglise cimetière-horz

En bordure du cimetière, se trouvait le monument aux morts, et le calvaire  non loin en arrière.  Lors de l’installation du « cimetière neuf », le calvaire a été installé dans le centre du nouveau cimetière. Le monuments aux morts, lui, est déplacé sur le côte gauche de l’église.

calvaire avant transfert-horz

Au cimetière le calvaire culmine à 6 m. Daté du XVIe, Son Soubassement à deux niveaux porte les trois croix, gibets sans larrons. Sur le socle de croix centrale, une plaque porte : MISSION 1883. Fût à pans, statue de saint Georges sur console-masque, plus haut deux consoles à marmousets, vides. Fût rond, anges, écus, croix à fleurons carrés, crucifix. Ce calvaire est un don des nobles de Tregourez, comme l’indiquent les blasons placés en divers endroits. Parmi ceux-ci se reconnaissent la croix pattée des Kerguz et les cinq macles des Quenquis de La Villeneuve. Cette dernière famille offre à la paroisse une croix de procession en argent doré.

croix de procession TZ

Saint Georges pourfendant le dragon, patron des militaires, est à l’honneur sur une console-masque. L’ensemble incomplet est remonté au centre de l’enclos du cimetière en 1883 lors d’une mission, et on y a donc apposée une plaque commémorative.

tout et n'importe quoi |
infocoursbautain |
Logos |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | agencevirtuel
| rebellesimpliquees
| La violence conjugale, aime...