La naissance – le baptême

J’ai souvent entendu mes parents raconter ce que leurs  propres parents leur relataient à propos des rites de la vie. Autrefois, donc, les déclarations de naissances se faisaient toutes à l’église paroissiale ou dans les églises tréviales. Dans notre secteur, il s’agissait de la trève du Gulvain, dont la chapelle est dédiée à saint Guénolé. Le cimetière est contigu à la chapelle et l’on y enterre encore aujourd’hui les défunts après la cérémonie qui se déroule dans la petite chapelle. Le bébé né sain et en bonne santé était baptisé le jour même de sa naissance ou au plus tard le lendemain. Un bébé non baptisé, c’était Satan à la maison, donc la nécessité de le baptiser au plus vite. Celui qui arrivait au monde chétif ou malade était ondoyé à la maison et, s’il venait à décéder avant d’être baptisé, il était inhumé dans le cimetière de l’église après la messe des anges.

Mais si « l’enfant sortait mort du sein de sa mère ››, il n’avait pas de cérémonie et il était enterré dans un lieu destiné à cette fin mais séparé du lieu destiné de la sépulture des fidèles baptisés (tout cela a changé plus tard, petit à petit). Il n’y avait pas beaucoup de médecins dans les campagnes au début du XXe siècle. C’était donc une voisine ou une dame de bonne volonté qui était appelée à aider la maman à accoucher, et cela a duré encore des années, le médecin étant trop éloigné. De plus, cela coûtait trop cher, les gens à a campagne n’étant pas bien fortunés.

St Gulvain

Toujours d’après le récit des parents, la nouvelle accouchée restait alitée une quinzaine de jours. Lorsqu’ enfin elle se levait, elle était tenue d’aller discrètement, en cachette, à l’église pour la cérémonie des relevailles où le prêtre la recevait clans le porche et la délivrait de ses péchés et ce n’est qu’alors qu’elle pouvait à nouveau suivre la messe et les cérémonies religieuses. C’est donc le papa qui allait porter l’enfant à l’église pour la cérémonie du baptême, accompagné du parrain et de la marraine qui choisissaient les prénoms de l’enfant. Après la cérémonie, le prêtre rédigeait l’acte de baptême. Le père, le parrain et la marraine déclaraient ne savoir signer. Les nobles par contre signaient maladroitement.

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A partir de 1792, les déclarations de naissance se faisaient à la mairie (maison commune) par le papa en présence de un ou deux témoins, souvent les voisins ou des commerçants ou artisans du bourg.

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Après la naissance, la maman n’ayant pas de lait les premiers jours, c’est une autre maman qui allaitait déjà, qui offrait le sein au nouveau-né. Cela se pratiquait encore vers les années trente. (Ma première tétée, je l’ai faite chez la voisine qui avait un bébé un peu plus âgé – plus tard on appelait cette nourrice de quelques jours la maman de lait.) Le baptême se faisait trois ou quatre jours plus tard. Le bébé était habillé d’une belle robe blanche et d’un bonnet blanc qui étaient précieusement gardés pour les prochaines occasions et souvent prêtés pour d’autres baptêmes.

À la sortie de l’église, les cloches sonnaient à toute volée et les enfants du bourg accouraient sur la place pour ramasser les pièces de monnaie jetées par le père ou le parrain et la marraine.Le repas de baptême se faisait à la maison. Pour la circonstance, on avait déjà tué le cochon, le parrain et la marraine offraient dragées, boisson et le gâteau breton. La coutume était de langer et d’emmailloter le bébé, le corps bien droit, les jambes bien allongées, jusqu’à ses cinq ou six mois et quelquefois plus longtemps. Il n’y avait pas de couche à jeter comme aujourd’hui, ni d’alèses plastifiées, aussi le pipi traversait les langes, le maillot et la couette remplie de balle d’avoine qu’il fallait donc faire sécher au coin du feu dans la cheminée. Les langes et maillots étaient lavés tous les jours au lavoir ou à la rivière dans une eau très froide. Ensuite, ils étaient bouillis dans une grande lessiveuse sur feu de bois dans l’âtre et rincés de nouveau au lavoir ou à la rivière avant d’être suspendus au fil à linge pour sécher ou devant le feu à la mauvaise saison. Que de travail pour garder bébé propre ! Bébé était nourri au sein quelquefois jusqu’à ses deux ans. Tant que la maman allaitait, elle ne pouvait être enceinte de nouveau. Plus tard, on donnait à l’enfant du lait de vache bouilli additionné d’eau et de quelques bouillies (farine de blé, blédine, tapioca).Garçons et filles devaient apprendre leurs prières et le catéchisme en breton.

jeune tregourezois

Pour Noël, les enfants nettoyaient leurs sabots de bois. Ces sabots étaient briqués avec le noir du chaudron et soyez assurés que cela brillait. Et l’on pouvait les aligner avec fierté dans la cheminée. Puis l’on partait en famille pour la messe de minuit. Au matin de Noël, nous nous précipitions pour voir ce que le mabiq Jésus avait pu déposer dans nos sabots. Oh! C’était bien modeste mais merveilleux !

Terres d’embruns – Les Ainés ruraux 2005  Anna Brefort

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