Commerces et artisanat dans le temps.

En 1672 Tregourez comptait 872 h. Les artisans n’étaient pas nombreux mais, au bourg  nous avons : Yves Le Goff, boulanger, Marie Dénie, tenait une hôtellerie. Au bourg aussi probablement habitait le mercier Eustache Allain, Jean  le Bozel « porteur et marchand de cendres ». La cendre était employée comme engrais pour le blé noir et comme ingrédient pour la lessive. Jean Le Modal couturier. Julien Rondée charpentier, Pierre Pouliquen, maréchal ferrant.

Dans les villages et à Kermadec  Henri Mahé pillotier (sans doute marchand de chiffons), Jean Coadic savetier.

Au moulin de Folleou Jean le Lijour meunier,à Keroret Louis Philippe menuisier, à Kergréac’h Julien Civret marchand porteur de blé et de cendres, Jean le Plouzennec  « tessier » tisserand, au manoir de Follezou Le nommé Yves Tassin ,  cordonnier. Le charpentier Jean Le Meur, Le maçon Jean Le Corre, Le menuisier Michel Doucedroit, Yves Dalayen couturier, Hervé Férellec tailleur couturier, Michel Becherel « papetier normand » sont aussi présent sur la commune.

Le bilan de la population au 17ème siècle nous donne une idée du mode de vie des gens à l’époque. La vie se déroulait beaucoup plus qu’aujourd’hui dans le cadre de la paroisse. Les habitants devaient trouver sur place tout ce qui était nécessaire à la vie. Il y avait de nombreux cultivateurs car il est évident que les produits agricoles constituaient l’essentiel de la nourriture. Outre les cultivateurs, il y avait un meunier et un boulanger pour transformer le blé en pain. Il s’agissait à l’époque de blé noir. Les vêtements étaient confectionnés d’une façon artisanale. Le chanvre dont la culture était répandue, était travaillé par le tisserand (tessier) qui en faisait de la toile, Cette toile passait ensuite aux mains des couturiers (kemener en breton) qui s’était fait une réputation de conteur de légendes. Vivaient également dans la commune. Les artisans indispensables comme le maréchal ferrant, le menuisier, le charpentier, le maçon………… (extrait de la monographie de R.Peron)

Dans les années 1909 – 1917, J. Nédélec nous dit que nous avions au bourg de Tregourez : trois restaurants  Mahé et Lannuzel, ainsi que Pennec qui lui tenait aussi  tabac, café et une épicerie. Ce dernier était situé face à l’entré de l’église. Il était au cœur de la vie du bourg. La mercerie Le Ster était elle, située à côté du presbytère. Le maréchal ferrant  à côté du boulanger, devant la mairie.

« Cette année j’eus le droit de sortir de la cour pour aller à 50m soit voir le maréchal ferrant travailler, soit à la boulangerie où je passais des heures dans le fournil. Laurent Stervinou avait 20 ans et était un charmant garçon. Sa mère était restée veuve de bonne heure avec trois enfants très jeunes. Courageusement elle tint sa boulangerie et son  épicerie, faisant elle même le pain à la main car il n’y y avait pas de pétrin à moteur. Laurent relaya sa mère au fournil dès que possible et à 18 ans il allait seul acheter les porcs à la campagne car les Stervinou faisaient assez gros commerce de porcs salé »( J.Nedelec souvenirs des Montagnes noires 1905/1914)

  Il n’y avait pas de boucher. La viande venait de Coray.

   » Les deux bouchers passaient avec leur voiture anglaise les mardi et samedi de chaque semaine« .( J.Nedelec souvenirs des Montagnes noires 1905/1914)

marchalferrand

Du fait de la proximité de forêts et bois avoisinants, ayant des essences nobles : chênes, hêtres, châtaigniers (importés par les Romains pour le bois et les châtaignes), pins, sapins, imposantes, le bourg a longtemps connu une activité artisanale : charpenteries, scieries, menuisiers, sabotiers, dont le renom s’étendait au delà des limites de l’Argoat. A l’heure actuelle, leur nombre a diminué sérieusement. (H.C 1987)

Au moment de la guerre  39/45 des scieries étaient exploitées par la famille Péron, derrière la venelle Garn Dréon, et Stagnol.

Vers le milieu du XIXème siècle, Tregourez comptait 1300 habitants. Depuis les temps reculés, des moulins à eau ont fonctionné à Folleou, Kéraden, et Creac’h guen. Au XVIème siècle, une papeterie était en activité. (extrait de la monographie de R.Peron 1964)

Tregourez est un bourg animé, dans ces années,  on dispose d’une pompe à essence en bas du bourg vers Coray.

 Le bourg de Tregourez fut autrefois le centre d’une activité commerciale notable. On trouvait de tout.

Deux restaurants  se partageaient les festivités au bourg. La Maison Bourhis et celui de Jeanne Coualc’h. On s’y restaurait mais aussi c’était là que les repas de noces s’y faisaient. Puis vint ensuite les repas de classes. Les hommes d’un côté et les femmes de l’autre.

Aujourd’hui, le petit commerce a tendance à disparaitre. C’est un signe des temps, à Tregourez comme ailleurs.

essence

En 1950 un cordonnier s’installe  à la gare ce sera Corentin CARIOU. Il occupera les locaux anciennement alloués à la gare.

Installé en 1952, Pierre. CORIOU, a fait des cuisines , mais pas que. Il a ainsi  équipé et meublé  tout le bourg et la campagne environnante. Son atelier était à Pont ar Guip dans le bas du bourg. Les scieries  Peron et Stagnol le ravitaillaient en bois. Il transfèrera son activité en haut du bourg vers Coray.

Dans l’alimentation, Tregourez s’est distingué dans la salaison et dans les crêperies.  Il y en eu quatre sur la commune dont deux au bourg à partir de 1951. La plus importante, la Crêperie Mahé dans les années 60, employait 33 personnes. Son entrepôt était situé derrière la maison, il commerçait aussi les œufs. Pour les crêpes c’est plus facile. La farine lui venait directement de la minoterie, située en face. Elle sera toujours en activité en 1980.

Crêperie Mahé
Curieuse cette photo prise  avec le poteau électrique en premier plan. La crêperie  est juste derrière et l’on voit à peine son enseigne.

Au milieu du XXe siècle, les meuniers locaux fournissaient, aux crêpières du pays, le seigle et le sarrasin comme matière première, ensuite le peu de farine fabriquée servait uniquement à nourrir les animaux. Les petits moulins de jadis ont disparu. Il n’en reste aucun en l’état sur la commune. Mais une minoterie les a largement remplacés au bourg.

Blé noir en août

La minoterie de Tregourez peut être considérée comme relativement récente, puisque bien que datant de 1937 c’est la dernière qui a été construite dans le Finistère. Elle se situe au bas du bourg de Tregourez à l’intersection des routes des Coray et de Langolen.  (extrait de la monographie de R.Peron 1964)

 anigifminoterie

Cliquer sur la photo

Le grain moulu vient en grande partie de la région, c’est-à-dire de Tregourez et des communes avoisinantes. Pour l’améliorer on en importe de l’Ille et Vilaine, du Maine et Loire, de l’Eure et de l’Eure et  Loire. Quand les années sont mauvaises, on importe du blé du Canada et de Tunisie. Le silo à blé peut contenir 1000  quintaux, les boisseaux à blé propre qui sont au nombre de deux peuvent eux contenir 200 quintaux chacun. Le silo à farine à une contenance de 60 à 70 quintaux.  (extrait de la monographie de R.Peron 1964)

Cette minoterie à l’heure où j’écris ces lignes a cessé ses activités et les bâtiments sont ………………….à vendre.

bourg 65

  Voici bientôt une douzaine d’années que Monsieur Gueguen a construit un abattoir de porcs ( 1952) à un km du bourg de Trégourez, au village de Kerhuon. Placé en plein centre d’élevage de porc, l’abattoir n’a cessé de prendre de l’importance et de se moderniser.

Avant de s’installer à Kerhuon, il tenait commerce de boucherie dans  » la maison d’école  » rachetée à un quincailler. Ce dernier l’ayant lui achetée suite à  la construction des écoles de filles et de garçons. La société a été fondée en 1946.

ecole gueguen

Tous les matins de bonne heure, les camions de l’abattoir sillonnent les campagnes de Tregourez et des communes voisines, Laz, Leuhan Edern etc. pour prendre les porcs dans les fermes. Dès leur arrivée à l’abattoir les porcs sont pesés (car vendus au poids) et selon les besoins, ils sont tués immédiatement ou mis dans des box réservés à la stabulation. L’abattoir tue en moyenne 30 à 35 porcs par jour. Mais ce nombre est très variable. (extrait de la monographie de R.Peron 1964)

 

anigifabattoir

cliquer sur la photo

Les cochons vivant sont accrochés par une patte et un dispositif leur fait prendre place sur la chaine d’abattage. Ils sont insensibilisés par une décharge électrique avant d’être saignés. ( Le sang récolté par à l’écrémeuse électrique qui sépare le plasma des globules rouges. Le plasma est utilisé pour la fabrication du boudin.) L’opération suivante consiste à épiler les porcs. Pour cela ils passent dans un bassin contenant 2000l d’eau à 60° environ, eau chauffée par de la vapeur sous pression à 16O°. Après quoi les porcs passent dans l’épileuse avant de reprendre place sur la chaîne. Les porcs seront ensuite éventrés, et les boyaux seront dirigés vers la boyauterie pour y être lavés avant d’être rassemblés dans la salle de ressuage. Les porcs seront fendus en deux. Ils resteront un certain temps dans cette salle. Tous les travaux précédemment cités s’effectuent dans la matinée. L’après midi est consacrée aux travaux de fabrication (pâté, jambon, boudin, andouille etc.) ainsi que d’autres travaux de cuisson et de salage, de préparation pour l’expédition. L’expédition se fait en grande partie vers la capitale. (R.Peron Monographie 1964)

salaisons gueguen

En 1994 Guéguen s’installe dans de nouveaux locaux, site de production d’une charcuterie de terroir. Ces locaux sont juste en face des anciens.

———

Construite il y a à peine six ans (1954), la coopérative agricole, encore appelée « coopérative de Lennon » s’est implantée à Tregourez en raison de la prospérité agricole et en particulier à cause de l’importante production de pommes de terre de sélection. Car la coopérative s’occupe uniquement des pommes de terre. La coopérative se présente sous la forme de trois grands bâtiments accolés. L’ensemble fait 50m de long et 30 de large. Il recouvre une surface de 1500m2.

lennon

C’est vers la fin de septembre que l’on voit au bourg de Tregourez un nombre impressionnant de tracteurs trainant des remorques remplies de caisses de pommes de terres, se diriger vers la coopérative. Ces pommes de terres viennent directement des champs de récolte où elles ont été mises en caisses de 25kg. Elles sont stockées en vrac à l’aide de l’élèvator, et désinfectées par pulvérisation d’une solution de formol à 10%. Durant le mois suivant la récolte, on effectue le triage à l’aide d’un grand trieur. Des caisses de 500 kg sont chargées automatiquement et déversées au moyen de monte charge dans le trieur. A la sortie, les pommes de terre sont mises en sacs et préparées pour l’expédition. (extrait de la monographie de R.Peron 1964)

La coopérative agricole de Tregourez est une installation unique en son genre dans toute la région. Elle constitue une réalisation pilote de l’agriculture moderne, et c’est pourquoi elle reçoit la visite de nombreux spécialistes de l’agriculture, des étrangers en particulier. (Italiens en  juillet, un délégué par le gouvernement polonais etc.). Il y a quelques années également le ministre de l’agriculture de Hollande vint accompagné du préfet du Finistère visiter les installations nouvellement réalisées. Il fut étonné de voir qu’une petite commune comme Tregourez avait réussi à se hisser au niveau de l’agriculture moderne. Au terme de sa visite il déclara que les agriculteurs trégourézois n’avaient rien à envier à leurs collègues hollandais.

Plus de coopérative aujourd’hui, ne restent que les bâtiments qui offrent un accueil à des chevaux.

La Crêperie Mahé situé dans le bourg disposait d’un entrepôt derrière la crêperie. Puis vint la crêperie Lemoigne en face de la minoterie.

Il y en avait deux autres , la première à Pont ar Guip, la crêperie Pétillon et la dernière à Menez Kervidan la crêperie de René Quiniou exploitée par le couple.

Aujourd’hui, il en y a toujours une, toujours au bourg, mai qui n’est pas exploitée par aucune de ces familles.

Il y eu des boulangeries  au bourg  ; Poupon et Landrain. Il y en avait aussi deux autres, à Toul Bout et Toul Sable. Aujourd’hui, seule  la boulangerie Poupon résiste plutôt bien.

Les haras nationaux s’installent  en 1954 dans un bâtiment à proximité de la gare. Il y aura trois étalons. En 1964, ils occuperont l’ancienne gare.

hangar gare

En 1956 on parle tourisme au Conseil municipal. Pour autant pas de vote de subvention.

 Toujours dans les années 1964, outre le commerce local que l’on retrouve dans toutes les localités, Tregourez expédie divers produits vers la capitale. Les camions Gueguen effectuent régulièrement le trajet Tregourez-Paris et transportent les divers produits fabriqués et mis en conserves à l’abattoir. Ils transportent également les gâteaux provenant des biscuiteries et sont vendus en sachets sur les marchés parisiens sous l’étiquette « la Trégourézoise ».  Les crêpes qui furent longtemps consommées uniquement en Bretagne semblent avoir conquis maintenant la capitale, car de nombreuses crêperies expédient de grandes quantités de crêpes vers Paris. Tout ceci  fait que Tregourez à un rôle non négligeable dans l’approvisionnement de Paris.

camion gueguen

 Il y eut aussi , et ce jusqu’en 1956 un cordonnier dans le bourg. Il était établi à la gare. Ses activités sont transférées dans l’ancienne gare, la commune se réservant la remise.

La gare

En 1986, une nouvelle activité : la plomberie ce sera celle de Mr Salvar.

En 1987 un atelier de distillation, alambic ambulant, est présent à Pont ar Guip, rendez-vous des producteurs de pommes de la commune. Un évènement qui va passer, fin 2012, au domaine des souvenirs, en effet, les agriculteurs, ou personnes ayant le droit de produire leur « lambig », verront ce privilège aboli à la fin de l’année 2012, selon un décret ministériel.



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