L’ECOLE DES FILLES

L’école des filles a été construite en 1905. On y construira un préau et des WC et urinoirs en 1951. Elle a été utilisée jusqu’en 1971. A la rentrée 1972, tous les enfants s’installent dans l’école « des garçons » qui devient donc l’école communale. Il ne restera que la maternelle, qui elle même sera transférée dans des locaux scolaires neufs en 1994. Utilisée par les allemands pour loger leurs soldats pendant la guerre, elle est réhabilitée  depuis en logements sociaux.

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MES SOUVENIRS D’ECOLE – Catherine PAUGAM, propos recueillis en 2008.

 » A la déclaration de la guerre, France Allemagne, j’avais 11 ans. Avec ma soeur cadette de 4 ans nous habitions une petite maison au sol en terre battue, une maison nichée en pleine nature. Pour joindre la route vicinale empierrée il fallait parcourir 500 m dans un chemin de terre où on ne distinguait que les marques des roues des charrettes. Le chemin était pratiquable en été parce que sec. Mais en hiver la boue et les flaques d’eau rendaient la marche difficile, surtout que nous portions de lourds sabots de bois. Ces sabots étaient fabriqués par le sabotier à Pen-ar-Pont à nos mesures, à partir d’un bloc de bois. A la finition il y avait de jolis sabots décorés d’une fleur que le sabotier peignait en noir ou rouge, selon le désir de la personne. Pour ne pas que nous glissions, papa tapissait de clous le dessous des sabots et pour plus de confort et de chaleur, il déposait du foin à l’intérieur.   

A cette époque l’électricité n’était pas encore parvenue dans nos campagnes profondes ; éloignés de tout, nous nous éclairions à la lampe à pétrole. Maman faisait cuire les aliments sur des trépieds. Le soir, en hiver, nous apprenions nos leçons à la lueur de la flamme et de la petite « lampe Pigeon », celle que maman déposait sur la table pour les repas. Elle avait un pied ouvragé et le réservoir à pétrole de forme ronde était en verre bleu.
Le bourg était distant d’environ 3,5 km. Si nous voulions arriver à l’heure à l’école, il ne fallait pas flâner en cours de route. C’est pourtant ce que nous faisions de temps en temps, pour attendre les filles de Kerscao qui étaient rarement prêtes. Ensuite il fallait courir, qu’il pleuve ou qu’il vente. Mal protégées des intempéries, nous n’avions pas d’imperméable, nous arrivions trempées à l’école. Le pull, le bonnet « la cravate », tout était mouillé. La maîtresse faisait de son mieux et les mettait à sécher autour de la grille de protection du poêle à bois. Nous avions hâte que le jeudi arrive. Mais à la maison, outre nos leçons et nos devoirs d’école, il fallait aider les parents, pour ramasser des pommes, donner à manger aux lapins, jeter le grain aux poules. Elles accouraient en entendant le traditionnel « PITT PITT ».      

Nous avions 2 mois de vacances. Pendant ce temps nous allions dans les fermes « tirer  » des petits pois et des haricots verts munies d’un panier ou d’un seau. A la fin de la journée, le fermier faisait peser notre récolte et nous payait. L’argent servait pour les fournitures d’école ou pour acheter « un sarreau » neuf pour la rentrée. »



PATRIMOINE CIVIL

On signale un souterrain de l’âge du fer,  (Toul ar Chorriked ?) ce qui reste à vérifier et à localiser.

Deux mottes féodales ont laissé des traces …………….sur Trégourez.

 

Situées sur des proéminences, on parlera plutôt de mottes médiévales bretonnes.  Ce sont des édifices caractéristiques de la période féodale. Elles apparaissent dans les dernières décennies du Xe siècle. Pour la plupart elles ont joué un rôle militaire, mais pas seulement. C’est un ouvrage utilisé par les lignages de petites aristocraties, les lignages chevaleresques pour affirmer leurs prétentions.

 

On situe à 400 m de Kerfaro, sur les hauteurs et à 2 km du bourg,  une motte avec enceinte. « Il en subsiste une éminence dans un champ cultivé. On observe encore, en lisière de cette parcelle, un important chemin creux situé dans l’axe de la route de Tregourez à Laz (Cadastre 1840, section B, lieu-dit n°12, parcelle n°18). »

 

L’autre est au hameau de la Motte aujourd’hui. Ce hameau est sur une des hauteurs de Trégourez. « Il n’en subsiste qu’un bombement dans un champ cultivé à l’ouest de ce lieu-dit, au sommet d’une colline, à 150m d’altitude. La vieille voie de Quimper à Tregourez passait à 200 m au nord de l’ouvrage, auquel succéda un manoir également détruit. (Cadastre 1840, section D2, lieu-dit n°6, parcelle n°7) « (E.F et P C).     

 

Le presbytère et son puits dont l’époque de construction se situe au 3e quart 19e siècle année 1854.  

  

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L’ancien manoir de Gouërec (XVIIIe siècle), restauré au XIXe siècle. Le premier logis construit en 1780, porte l’ inscription :  » JEAN-BAPTISTE MAHE ET MARIE ELISABET FLOCH 1780 « . Le deuxième logis en 1836, porte l’ inscription :  » FF PAR JEAN-BAPTISTE MAHE ET MARIE PERINE SAOUEN 1836 « .  Les autres dépendances ont été construites en 1836, 1841, 1876, 1881.  Citée en 1673, la seigneurie de Gouërec appartient à Anne du Couëdic, issue d’une famille de Scaër et épouse de Guillaume du Fresnay, seigneur de Barregan au Faouët. En 1723, Jean-Baptiste de Bec de Lièvre, conseiller du roi et premier président à la Chambre des comptes de Nantes, possède la seigneurie mais n’y réside pas. Le bâtiment principal, qui subsiste de cet ancien manoir devenu une ferme, est postérieur à cette date. Il se compose de deux parties symétriques accolées. L’une date de 1780, et arbore un blason à trois pals surmonté d’une tête de mouton, symbole seigneurial. À l’angle, une crossette figure une tête de chien ou de loup. L’autre est refaite en 1836, comme l’indique le linteau de la porte. Les annexes sont rebâties au XIXe siècle avec les pierres de taille de l’ancien manoir. Le puits de la cour a été rasé.   

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La maison manoriale de Kernaliou (XVIIIe siècle), propriété des Dalayeun, puis des Le Poulinquen.  Les propriétaires de Kernaliou sont apparentés aux Dalayeun, fermiers puis détenteurs de l’ancien manoir de Kerguz, dont Kernaliou dépendait. Le manoir est reconstruit par Yves Le Poulinquen et Corentine Mahé. Ils font graver leurs noms sur chaque bâtiment reconstruit, en 1764 sur les communs initialement couverts de chaume, en 1773 sur la maison des domestiques, dont le rez-de-chaussée était réservé aux animaux, et en 1776 sur le linteau de l’habitation principale. Celle-ci est modifiée, et la pierre gravée se trouve désormais sous la fenêtre.    

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La ferme  de Kergus et son puits dont l’ époque de construction se situe au 2e quart 19e siècle année 1845 ; 1857 ; 1861, le logis en 1845. On peut  y lire l’inscription :  » FF PAR MARIANNE MAHE VEUVE DE MICHEL DALAYE UN LAN 1845 « . L’auge  porte la date 1857, et l’étable la date 1861. 

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La pierre à laver (XVII-XVIIIe siècle) de Kerguz . Le bloc de granit gravé de rainures régulières servait autrefois à laver le linge. La pièce de vêtement était posée à plat et frottée avec une brosse et de la cendre de bois, tandis que l’eau versée avec un seau s’écoulait par les rainures. »     Vers 1500, un vitrail de la chapelle Notre-Dame-de-Ponthouar est offert par Yvon de Kerguz, vassal de la baronnie de Laz, par son épouse Catherine de Tréanna, et par leur petit-fils Olivier de Kerguz. Ce dernier épouse Jeanne de Kergoët, héritière de l’importante seigneurie de Kerstang à Gourin, où la famille réside. Pierre de Kerguz, maître des requêtes ordinaires du roi, est élu en 1500 à la tête de l’abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé. C’est pourquoi l’un des deux moulins du domaine de Kerguz s’appelle le moulin de l’Abbé. En 1672, les propriétaires sont maître Louis Guertinet et Constance de Faix. Le manoir est détruit, et, au XIXe siècle, les pierres servent à construire cette demeure et les annexes de la ferme, d’ou l’ inscription citée plus haut. 

 

La ferme de Kerzu. Le linteau, sculpté de la colombe du Saint-Esprit et de l’inscription IHS, Iesus Homini Salvator, Jésus Sauveur des Hommes, est un remploi du presbytère de Kerzu.

Dans le village réside Maurice Guéguen, recteur de Tregourez de 1656 à 1679, dont le nom est sculpté sur la sacristie de l’église paroissiale. La maison portant le linteau est construite en 1858 selon l’inscription qui précise : « Fait faire par Alain Peron et Jane Pompol. »    

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La ferme de Kergaridic dont l’époque de construction se situe au 2e quart du 19e siècle année 1828 ; 1834 ; 1837; la ferme au 2e quart du 19e siècle. Elle porte les dates de 1828, 1834, 1837 ; ainsi qu’une inscription : G PERRENNEC M RIVOAL ET SON EPOUSE 1828. Une tête orne le dessus de la porte.   


Les moulins à eau de « Folléon, de Creac’hguenn, de Keraden ». Il ne reste de celui de Folléon, Folleou aujourd’hui,  que les bâtiments les plus récents, qui ne portent plus aucune trace de leur fonction. Dans les années 1970, le locataire était encore tenu d’entretenir la roue. Cette obligation est tombée en désuétude, et la roue n’existe plus. Des essieux de pierre ont été trouvés lors de la démolition d’une crèche sise à l’arrière de la maison d’habitation.
Du moulin de Créac’h Gwenn ne reste qu’un bâtiment dont la construction se situe au 19e siècle.



LES CALVAIRES DE TREGOUREZ

 

 

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Le calvaire de Kerhardic ou Kerharic (XVIe siècle), restauré en 1883.

Les croix de carrefour marquent généralement les limites des seigneuries ou des paroisses. La croix du XVIe siècle de Toull-Sabl est déplacée en 1893 lors de la modification de la route de Quimper.       

Les vestiges sont remontés à l’entrée du chemin de Kerhardic par des habitants de ce village, qui font graver leurs noms sur le socle, Pierre Corentin Pétillon et Marie-Jeanne Barré, son épouse. Il a un fût effilé, sur un socle cubique, une croix et un crucifix. Par la suite, la tête  a été abîmée par le coin d’un char à bancs, puis une statue est volée. Enfin, l’ouragan de 1987 casse la croix, qui sera restaurée par la suite.

 

 

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Le calvaire de la chapelle de Pontouar (XVIe siècle).     

Sur un soubassement à trois niveaux, un socle cubique, la  particularité de ce calvaire est d’arborer un certain nombre de consoles-masques. Une statue, une croix, écus et pans  coupés complètent le tout. Toutefois, il est incomplet, les statues supportées par ses mascarons ont été volées, et le sommet a disparu. Un fragment de la croix d’origine, retrouvé enterré, est entreposé dans la chapelle. (I. M. H. 1928).
Le calvaire de Kroaz-Koz ou Groaz-Goz (XVIe siècle), restauré en 1903.    

Fait particulier, sur le calvaire est figuré une représentation de saint François d’Assise, à côté d’une traditionnelle pietà. Au revers de la croix, une statue du Christ lié, selon la scène de la Passion nommée ecce homo, voici l’Homme. Le socle cubique sur un  soubassement à deux niveaux est refait lors de la mission de 1903. On y retrouve, outre saint François d’Assise et la piéta, un crucifix aux anges porteurs de calices, au revers un Christ lié : ECCE HOMO.   Il a été heurté  violemment par un véhicule en octobre 2008, et depuis étale lamentablement ses morceaux à ses pieds. Faudra-t’il une nouvelle « mission » pour le remettre en état ?              

 

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La croix du cimetière de Trégourez (XVIe siècle).                                                 
Ce calvaire est un don des nobles de Tregourez, comme l’indiquent les blasons placés en divers endroits. Parmi ceux-ci se reconnaissent la croix pattée des Kerguz et les cinq macles des Quenquis de La Villeneuve. Cette dernière famille offre à la paroisse une croix de procession en argent doré. Saint Georges pourfendant le dragon, patron des militaires, est à l’honneur sur une console-masque. Il se présente sur un  soubassement à  deux niveaux portant les trois croix, gibets sans larrons. Sur le socle de croix centrale : MISSION 1883. Le fût est à pans. La statue de St Georges est sur une console-masque. Plus haut deux consoles à marmousets, vides. Fût rond, anges, écus, croix à fleurons carrés, crucifix. L’ensemble incomplet est remonté au centre de l’enclos du cimetière en 1883 lors d’une mission. (I. M. H. 1927). Il se trouve aujourd’hui dans le cimetière de la commune.

 

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Kernaliou (XVIe siècle, 1820).   

Le calvaire privé de Kernaliou, daté du XVIè siècle et remonté plus près de la maison en 1820 par Marie Le Corre,  il est brisé. Sur un soubassement à deux niveaux il présente un fût à base ronde, ecôts, consoles-masques, le haut à pans. Croix branches rondes, crucifix, Christ lié : ECCE HOMO.

 

 

 

 

 

 

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Le calvaire de Kroaz-Koz ou Groaz-Goz (XVIe siècle).

Fait particulier, sur le calvaire est figuré une représentation de saint François d’Assise, à côté d’une traditionnelle pietà. Au revers de la croix, une statue du Christ lié, selon la scène de la Passion nommée ecce homo, voici l’Homme. Le socle cubique sur un  soubassement à deux niveaux est refait lors de la mission de 1903. On y retrouve, outre saint François d’Assise et la piéta, un crucifix aux anges porteurs de calices, au revers un Christ lié : ECCE HOMO.  
                                                                             



LES FONTAINES DE TREGOUREZ

LA FONTAINE DE PONTOUAR

 

 Pontouar signifie le pont de la tourbe, pont an touarc’h.

 

Un peu en contrebas de la chapelle, de l’autre côté de la route, on peut aller voir une vieille fontaine datant probablement de la même époque. La modification de la route de Quimper en 1893  la sépare de la chapelle et la   place sur un terrain privé.

 

Cette petite fontaine voûtée dont l’eau avait le pouvoir de guérir les maux d’oreilles, possédait une effigie de saint Guezennec. Aujourd’hui les habitants du quartier y ont installée une statue de la vierge.

 

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Selon la tradition, le premier oratoire dédié à saint Guézennec se serait trouvé à proximité de cette fontaine, près du ruisseau qui rejoint l’Odet. Les pierres qui composent les murs de la chapelle auraient été remontées en radeau des environs de Coray.

Par la suite le culte de « Itron Varia an Dour » Madame Marie de l’eau, s’est substitué à celui de saint Guézennec. Des anciens rapportent avoir connue une statue de Itron Varia dans la fontaine qui a été subtilisée par la suite.

LA FONTAINE DE GULVAIN

Pendant longtemps on a hésité à voir Tregourez dans Trechoruus. Or, d’après les bulletins publiés par la société archéologique du Finistère, aucun doute n’est possible. Quand on a « Tref Uuilermean », c’est la trêve de Gulvain (Guillevain au 16ème siècle) située à quatre kms de Tregourez et Lan Hoiarnic c’est aujourd’hui Lanarnec de la trêve de Gulvain à mi-chemin entre Edern et Tregourez.

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Géographiquement Gulvain n’est pas tellement reliée à Edern, par contre elle communique très franchement avec Tregourez sur un front de près d’une lieue et la route qui relie les deux localités est directe.

Géographiquement et historiquement comme le prouve la chartre, Gulvain fait partie du pays de Tregourez et ceci se remarque encore de nos jours. Trêve de cette paroisse dès le temps du Roi Gradlon, Gulvain a dû être rattachée à Edern à l’époque ou le comte Budic fit donation de ce domaine à l’abbaye de Landevennec, c’est-à-dire au 11e siècle (cart.Landevennec chartre XLVI) et cet état de chose à persisté jusqu’à nos jours.

  LA FONTAINE DE SAINT VEGUEN

San Uuiconus c’est Saint Guegon ou Gueguen, le peuple l’appelle « Sant Vuéguen »

A 600 m de Gulvain, sur le même revers de la colline se rencontrent les ruines de la chapelle Saint Véguen.

 Elle est toujours existante à 20m du chevet de la chapelle, mais il faut la chercher, seul l’eau aparait à la surface de la terre. Il n’y a plus depuis longtemps de monument. Dans la mémoire locale on ne sait plus à quoi elle ressemblait. Ce saint était invoqué contre la fièvre. On y menait aussi les enfants tardifs que l’on baignait dans la fontaine  Les paroissiens de Gulvain, Trégourez, et Edern  le faisaient chaque année,  au mois de mai, les trois lundi en l’honneur du saint, après avoir fait les trois tours rituels de la chapelle.

On ne connaît pas grand chose de Saint Véguen. Il était contemporain du Roi Gradlon, sans doute un de ses principaux officiers distingué par lui dans une expédition guerrière, et gratifié après le succès des cinq livres d’or que mentionne la charte. Aussi généreux que son maître et aussi plein de vénération pour lui, il fit don de la trêve de Très Uuilermeaen et Lan Hoiarnic au fondateur de Landevennec.

 



LES CHAPELLES DE TREGOUREZ.


Chapelle et fontaine de dévotion sont liées. Il serait plus fidèle à la tradition de parler de chapelle et fontaine de guérison.

Le plus souvent on invoquait le saint, la sainte ou Notre Dame, au pied de la statue dans la chapelle ou près de la fontaine, pour obtenir la « grâce » de guérison pour soi-même ou pour un proche.  

 

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« La chapelle de Pontouar nous attire à présent, au creux d’un vallonnet verdoyant peuplé de moulins, à moins de deux kilomètres du sud-ouest du bourg. C’est un assez important édifice du XVe siècle, en contrebas et aveugle du côté de la route, découpé vers le placitre en pignons à crossettes, avec un clocher sans grâce qui semble avoir été descendu et diminué  par la base. Mais l’ensemble demeure plaisant et pittoresque; de l’herbe, de la mousse, quelques beaux vieux arbres jusqu’ici épargnés, le calvaire à fûts écotés et flanqué de consoles, d’un type qui fut décidément en faveur à Trégourez. » LLG 1938.

 

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Du bourg donc, on descend dans la vallée. « Soudain, sur notre gauche un clocher surmonté d’une flèche nous signale la chapelle, à l’abri dans un nid de verdure. » C’est  est un édifice (XV-XVIe siècle) en forme de croix latine qui comprend une nef de trois travées avec bas-côté nord, séparée par un arc diaphragme d’un choeur à chevet droit avec fenestrage en fleur de lys. Deux piliers aux chapiteaux ornés de têtes sont les vestiges d’un édifice antérieur.Un clocheton se trouve sur le pignon occidental avec escalier sur le rampant. La porte ouest, à accolade et à pinacles, est surmontée d’armoiries martelées. On y trouvait jadis des débris de vitraux du début du XVIe siècle représentant la Transfiguration avec Moïse et Elie et portant les armes d’Even de Kerguz et de Thomine de Treanna vivants en 1450 et de leur petit-fils Olivier de Kergus, époux de Jeanne de Kergoet. Les animaux et les créatures mythologiques, aux postures grotesques ou scabreuses, qui ornent les crossettes des rampants de la chapelle, illustrent l’imaginaire médiéval.

 

A l’intérieur le maître-autel en pierres supporte un joli tabernacle en bois polychrome et colonnettes torsadées. Le maître-autel a gardé son retable en bois peint et son tabernacle, et les deux autels latéraux en pierre de taille disposent de leurs piscines gothiques, où le prêtre lavait les objets sacrés. Plusieurs statues sont en pierre peinte.

 

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« Notre dame de Pontouar, vierge mi-gothique, d’un beau caractère trône à gauche du maître autel sur une singulière console figurant une tête humaine embrassée par deux dragons dont un lui déchire la gorge de ses griffes, ce qui provoque chez elle une expression d’intolérable souffrance. »

La console sur laquelle repose la statue donne une vision de l’enfer, deux monstres enserrant dans leurs crocs la tête d’un damné. Notre-Dame de Pontouar tient dans la main une grappe de raisin, symbole de richesse et de prospérité dès l’Antiquité. Jésus a en main une figue et une poire. Dans la symbolique chrétienne, la poire est synonyme de la première mère, Ève, et les fruits sont ses enfants, les hommes.

«  »Le cantic spirituel « en enor d’an Itron Varia ar Pontouar e parres Trégourez », imprimé vers 1830 fourni une étymologie hasardeuse de l’endroit : « Dans la paroisse de Tregourez, en l’évêché de Cornouaille – est une chapelle de la Vierge, dévote de longtemps; – une des plus anciennes et des plus belles chapelles – dédiée à Madame Marie de Pontouar, parce qu’elle donne à tous secours sur la terre, – pour franchir la mer de ce monde. Dans ce même texte on y apprend qu’autrefois on y priait la Sainte Vierge sous le nom de Madame Marie de l’Eau (Itron Varia an Dour) et que les matelots venaient par bande l’invoquer avant leur départ. »" (LLG 1938)
Tregourez se trouve aujourd’hui à environ cinquante kilomètres du port le plus proche. Hier où se trouvaient les côtes ? Comme toute chapelle en Bretagne, celle de Notre Dame de Pontouar a certainement été bâtie sur un site où préalablement était honorée une divinité païenne, en l’occurrence ici celle de l’eau. Curieusement on retrouve sur le portail sud de l’église au bourg, une sirène lascivement allongée. La légende affirme que, lors de l’immersion de la ville d’Ys à la suite de l’anathème de Guénolé, la mer en furie aurait atteint cette chapelle si le roi Gradlon n’avait pas sacrifié à temps sa fille Dahut.

 

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Un bois polychrome représente Sainte Anne et près d’elle, debout, livre en main Marie adolescente. Le mouvement des bras de sainte Anne est assez inattendu.

 

 

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Saint Maur est mitré, Saint Maurice et Saint Roch sont aussi présents.

 

 

 

 

 

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Dans la nef se trouve une autre effigie, celle de Saint Vennec (S.Gveznec) en homme d’armes. La statue est datée de 1563. Ce nom en langue celtique signifie : combattant, valeureux. Parmi les évènements miraculeux qu’on impute à  Guezennec et à son frère  Jacut, celui ci significatif : « Au cours d’une violente tempête, des marins en perdition qui les avaient invoqués, les voient apparaître l’un à la poupe, l’autre à la proue de leur navire. Ils réussirent à calmer le violence de la mer par leur prières et permettent à ces marins de sauver leur vie et leur bateau. »  (FG).

De l’eau, de l’eau encore de l’eau ! Et des marins…

Est-ce pour celà, qu’autrefois, dans cette chapelle où l’on priait Itron Varia an Dour, les matelots venaient par bandes l’invoquer avant leur départ, ou la remercier de leurs heureux  voyages.

Par la suite, les deux saints sont invoqués lors des tempêtes…………..

« Il vint (vers 485) en longeant la côte Nord de l’Armorique, vers la partie occidentale de cette contrée encore païenne. Il espérait pouvoir y trouver la quiétude nécessaire à l’expression de sa foi, mais il avait aussi l’intention d’y prêcher le catholicisme.  La représentation de ce saint avec une épée et un livre (probablement un évangile) dans ses mains, voulait sans doute rappeler aux fidèles, qu’il avait été à la fois un fervent défenseur de la Chrétienté et un missionnaire des Saintes écritures. »  (FG). Son culte précède celui de Notre-Dame à Pontouar.

 

 

                                        

 

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Paroisse de l’évêché de Cornouaille dès le XIe siècle, Trégourez englobait à cette époque les villages de Guelvain et de Lannarnec, aujourd’hui rattachés à Edern. Il ne reste aujourd’hui que très peu de choses de la chapelle saint Véguen sise à Guelvain, Gulvain aujourd’hui. Les ruines se situent en plein champ entre le village de Kerninon et le hameau de Gulvain dont elles ne sont guère éloignées. La statue de St Véguen  fut transférée dans la chapelle de St Gulvain lorsque la chapelle tomba en ruines. Les pierres ont fait le bonheur de quelques uns, et le font encore à l’heure où j’écris ces lignes. On pourrait retrouver la trace dans les murs des maisons des environs. Pour ma part j’ai eu du mal à la trouver tant les taillis et les broussailles l’on envahie. Une pierre provenant de la chapelle porte la date de 1665.



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